EPSO : ton chemin vers l’UE ?

La procédure de candidature des institutions de l’UE

, par Christian Sander, Traduit de l’allemand par Stéphane du Boispéan

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EPSO : ton chemin vers l'UE ?

Un poste dans une des nombreuses administrations de l’UE ? Sûrement une des options professionnelle et des possibilités de carrière les plus passionnante pour des jeunes gens enthousiasmés par l’Europe.

Le chemin passe par l’Office Européen de Sélection du Personnel (EPSO), qui s’occupe depuis 2003 de la sélection du personnel de la plupart des institutions européennes. On n’y coupe pas, quand on veut travailler à la Commission, au Parlement, au Comité des Régions ou auprès du médiateur européen. En effet peu d’institutions choisissent encore elle-mêmes leur personnel – c’est le cas des agences. A partir de mars 2010, EPSO va mettre en place une nouvelle procédure de sélection de personnel, qui va remplacer l’ancienne procédure, qui était en partie déconcertante et longue.

Avec la nouvelle procédure EPSO, les candidatures auprès de l’UE vont être beaucoup plus simples, rapides et claires. C’est ainsi que certaines étapes ont été retirées de la sélection, afin qu’elle dure de 7 à 9 mois au lieu d’un an auparavant. Il y a par ailleurs une série de concours annuels pour certains profils, afin de planifier plus facilement une candidature. Malgré ces simplifications, il faut bien garder à l’esprit que la procédure de candidature reste un chemin compliqué, demandant beaucoup de temps et d’organisation.

Les conditions basiques pour une candidature auprès de l’UE sont la citoyenneté d’un Etat-membre et des connaissances suffisantes d’une autre langue officielle. Par ailleurs les personnes intéressées doivent être en règle au regard des obligations de leur service militaire national. De plus, certains avis de sélection précisent que certaines qualifications ou expériences professionnelles sont requises et doivent être prouvées par les candidats.

Qui peut être candidat ?

Celui ou celle qui remplit ces conditions a plusieurs possibilités pour intégrer une institution européenne, en fonction de ses intérêts et de sa formation.

Les diplômés de l’enseignement supérieur peuvent prétendre à une carrière comme administrateurs (AD), bien que le cursus universitaire ne soit pas le critère le plus important pour la candidature, sans être pour autant insignifiant. La prochaine procédure de sélection se concentrera sur cinq domaines thématiques : administration publique européenne, droit, économie, audit, informatique et technologies de la communication. La plupart des diplômés de l’enseignement supérieur seront engagés dans l’administration et le Management.

Les personnes sans diplôme universitaire ont la possibilité de travailler auprès de l’UE comme assistant (fonctionnaire AST). Ces derniers se voient confier principalement des tâches spécialisées. Les interprètes et traducteurs doivent en général maitriser deux langues officielles en plus de leur langue maternelle. Il est possible, que des combinaisons spécifiques de langues soient exigées. Les spécialistes sont des employés qui sont engagés par l’UE pour des champs professionnels très spécifiques, par exemple comme juristes spécialisés sur un champ thématique. En général, ils doivent prouver leurs connaissances au travers de leurs diplômes et/ou avoir avec eux une expérience professionnelle.

Comment se passe la procédure de sélection à EPSO ?

Pour l’essentiel, la procédure EPSO se déroule en deux étapes : après une inscription en ligne sur la page du service, les candidats s’inscrivent pour la première étape, le test d’admission. Plusieurs délais sont à observer, en fonction de la carrière choisie par les participants. (voir schéma 1) Les test ont lieu dans tous les Etats-membres et dans cinq endroits à l’extérieur de l’UE. Les candidats peuvent décider, où ils souhaitent passer les tests. Pendant cette étape, ce sont surtout les compétences plus que les connaissances qui sont vérifiées. C’est ainsi que les questions tant redoutées sur l’histoire de l’UE disparaissent. En lieu et place, ce sont des tests cognitifs qui attendent les candidats, afin de juger leur pensée et leur logique, leur compréhension des chiffres et leur raisonnement abstrait, ainsi que des tests d’analyse et de résolution des problèmes. En 2010, tous les examens auront lieu dans la seconde langue des candidats.

Schéma : déroulement de la procédure. Source : Portail de l’Union européenne

Les candidats, qui passent le test d’admission, sont invités à participer à la seconde étape de la procédure, la phase d’évaluation. C’est là que sont vérifiées les compétences propres au travail, et les connaissances clefs pour tous les champs professionnels, tel que l’analyse et la résolution de problèmes, la communication, la qualité et les résultats, l’apprentissage et le développement, la hiérarchisation des priorités et l’organisation, la persévérance et le travail d’équipe. En général, les examens ont lieu dans la seconde langue du candidat ou de la candidate (allemand, anglais ou français), à moins que le profil ne requière d’autres connaissances linguistiques. Les référentiels de compétence sont d’une importance centrale, et ce indépendamment du poste pour lequel on soumet sa candidature. Cependant les tests varient en fonction du type de métier.

Et à quoi ressemble la suite ?

Directement après la fin de la procédure de sélection, EPSO soumet aux institutions de l’UE une liste des candidats reçus et leur CV. Cette liste de réserve recense tous les candidats qui sont adaptés à un métier précis. Elle est valable en général au moins un an après la fin de la procédure et jusqu’à la publication de la prochaine dans le même domaine. Dans certains cas cela peut durer plus longtemps, jusqu’à ce que tous soient invités à des entretiens. En outre, une place sur cette liste ne peut pas signifier un droit à l’embauche dans une institution. Si on ne souhaite pas attendre, il existe la possibilité de se présenter directement auprès d’une institution ou d’un service donné.

Le CV joue un rôle capital et il doit être actualisé sur le compte EPSO. En effet les directions des Ressources Humaines des institutions parcourent les listes de réserve sur la base des informations sur les expériences professionnelles et la formation universitaire que les candidats ont livrées. Si une institution montre de l’intérêt pour une personne, cette dernière est « retenue ». Tant que cela est le cas, aucune autre institution ne peut la solliciter pour l’embaucher ou pour un entretien.

Illustration : Siège de la Commission européenne à Bruxelles, bâtiment Berlaymont

Source : Service audiovisuel de la Commission européenne

Vos commentaires

  • Le 3 avril 2010 à 09:21, par Krokodilo En réponse à : EPSO : ton chemin vers l’UE ?

    « Il est possible, que des combinaisons spécifiques de langues soient exigées. » Passage un peu sibyllin, à développer... L’UE a officieusement abandonné le plurilinguisme, son Commissaire a disparu de l’organigramme, et, surtout, toutes les agences (sauf peut-être dans le droit) travaillent en anglais. Mais c’est encore un secret, politiquement incorrect.

  • Le 21 avril 2010 à 13:26, par MrTuc En réponse à : EPSO : ton chemin vers l’UE ?

    Il n’empêche que pour passer un concours, les CBT se font dans une seconde langue ce qui implique un plurilinguisme.

    D’autres parts, l’UE ne va pas engager un/une fonctionnaire francophone, anglophone, germanophone là où les communications se font avec d’autres membres de l’UE dont la 1ier langue n’est ni le français, ni l’anglais, ni l’allemand (je pense aux assistants de citoyenneté, pour les nouveaux états membres).

    Donc oui effectivement, des combinaisons de langues peuvent êtres exigées pour un concours particulier.

    Ensuite, toutes les agences ne travaillent pas en anglais c’est faux. Y aurait-il du lobbying là dessous ? On peut effectivement prendre l’exemple de la cours de justice mais ce n’est pas la seule composante de l’UE dans le cas.

    Ce sont les anglophones qui poussent à l’unilinguisme parce que l’anglais est la 1ier langue véhiculaire mondial et il faut bien admettre que quand on parle anglais on n’a pas besoin d’apprendre une autre langue. Mais on est encore loin de l’unilinguisme dans toutes les agences et est ce qu’on veut vraiment l’unilinguisme en Europe et/ou dans les institutions ?

  • Le 22 mai 2011 à 15:34, par Joseph_1060 En réponse à : EPSO : ton chemin vers l’UE ?

    En ce qui concerne le concours EPSO, si vous souhaitez en savoir plus :

    http://ideo-sphere.eu/index.php/Story/76-le-recrutement-par-les-institutions-europeennes-epso-ou-epsogno.html

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