Melilla et Ceuta : deux nouvelles bonnes raisons d'être fédéraliste. - commentaires Sur l'actuelle crise migratoire... 2006-08-19T18:53:40Z https://www.treffpunkteuropa.de/Melilla-et-Ceuta-deux-nouvelles-bonnes-raisons-d-etre-federaliste#comment964 2006-08-19T18:53:40Z <p>En tout cas il est aujourd'hui assez clair que la politique des divers vingt-cinq Etats membres de l'Union européenne n'est guère cohérente sur ces sujets et manque - pour le moins - de coordination.</p> <p>En effet, alors que la France expulse même des familles de sans papiers dont les enfants sont néanmoins scolarisés..., l'Italie régularise - elle - de façon massive (avec 517 000 régularisations en 2006) (Cf. Article de « la Stampa » in « Courrier International » n°822 du 3 août 2006 : ici page 18.) : à l'image de l'Espagne qui - l'an passé - avait également procédé à des régularisations massives (600 000 étrangers ayant été régularisés en 2005) (Cf. Article de « ABC » de Madrid in « Courrier International » n°822 du 3 août 2006 : ici page 18).</p> <p>Et, pendant ce temps là, l'Espagne demande de l'aide pour contrôler ses frontières alors que la pression augmente sur ses territoires de Ceuta-Mélilla et des îles Canaries où près de 16500 personnes (soit trois fois plus que pendant toute l'année 2005...) seraient déjà arrivées cette année à bord d'embarcations de fortune...</p> <p>Nb : Le premier semestre de cette année n'était pas même achevé que le nombre de migrants y ayant accosté dépassait déjà le chiffre record de toute l'année 2002 (alors déjà considérée comme un pic...) : leur seul nombre en janvier dernier dépassant celui de toute l'année précédante... (Cf. Tribune du Pr. Ali Bensaad, Maître de conférence à l'Université de Provence, in « Libération du 26 juillet 2005 : ici page 27).</p> <p>Toujours est-il que les vingt-cinq Etats membres de l'UE n'arrivent déidément toujours pas à se mettre d'accord pour définir une politique commune de l'immigration. Et le Conseil des ministres de la Justice et de l'Intérieur qui s'est tenu le 24 juillet dernier semble en avoir été tout particulièrement révélateur.</p> <p>Certes tous ont alors admis que l'immigration illégale était un problème commun - aveu dont il aurait été impossible de rêver il y a seulement quelques années - mais, malgré ce constat, les bases d'une approche collective de ce problème ne sont pas posées et l'UE continue d'hésiter à mettre en place les outils et les mécanismes unifiés d'une politique européenne claire pour prendre en charge et gérer ces questions liées à l'immigration légale et illégale que les Etats membres ne peuvent prétendre résoudre seuls.</p> <p>Point positif : l'installation récente sur l'archipel des Canaries d'une antenne de « Frontex » (l'Agence européenne des Frontières), une initiative bienvenue mais insuffisante qui ne correspond pas vraiment aux mesures qu'il faudra prendre tôt ou tard.</p> <p>Pareillement, une conférence internationale euroafricaine a été récemment organisée - début juillet dernier - à Rabat sur le thème des migrants en provenance de la zone sub-saharienne. Il en est sorti une déclaration finale qui se voulait certes équilibrée et où il était aussi question de la nécessité du développement des pays du sud pauvre ainsi que du « respect de la dignité » des migrants.</p> <p>Mais on oublie de dire que, voeux pieux mis à part, l'essentiel des mesures concrètes véritablement proposées à l'occasion de cette conférence l'ont surtout été pour intensifier la lutte contre l'immigration illégale et cladestine.</p> <p>A commencer par l'organisation et la mise en place dans la région (décidé dès le 20 juin dernier) d'un déploiement militaire (naval et aérien) et de patrouilles maritimes pour lutter contre l'immigration clandestine et pour contrer ces flux migratoires africains. Egalement alors aussi à l'ordre du jour : la mise en place (décidée à l'occasion de la Conférence préparatoire de Dakar, début juin) de procédures plus efficaces encore d'expulsion et de réadmission des immigrants illégaux. Bref : une panoplie complète de mesures concrètes pour l'exercice d'une politique drastique de répression des plus classique.</p> <p>Et ce que l'on oublie de dire, c'est que les estimations les plus basses chiffrent aujourd'hui à plus de 4000 le nombre de personnes noyées - depuis 1992 - dans la traversée du détroit de Gibraltar. Là où on a déjà dénombrées près de 1500 morts dans les quatre premiers mois de 2006, d'après les RG espagnols (les ONG andalouses estimant leur nombre au double sur les six derniers mois...). Et ceci ne tenant pas compte des morts bien plus nombreux et bien plus ignorés encore dans l'immensité du désert saharien...</p>