Réjouissons-nous des frontières et des quotas d’immigration !

, par Ferghane Azihari

Réjouissons-nous des frontières et des quotas d'immigration !

Le peuple suisse a parlé. Il a décidé lors d’un référendum tenu le 9 Février 2013 de mettre fin à la libre circulation des ressortissants de l’Union européenne notamment en instaurant des quotas d’immigration. De son côté François Fillon et Christian Estrosi, membres de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) et respectivement ancien Premier ministre et membre de plusieurs gouvernements, ont réagi en se disant favorables à ce genre d’initiative « en France ou en Europe ». Il semble donc qu’une nouvelle mode émerge. Tant qu’à faire, pourquoi ne pas aller plus loin ?

Instaurons des quotas de travailleurs étrangers à Paris !

Il n’est pas normal que les franciliens non parisiens envahissent notre belle capitale pour voler nos emplois, nos logements et nos services publics. Paris aux parisiens ! Remettons des frontières entre Paris et la petite couronne ! Contrôlons les flux en postant des douanes aux portes de la capitale mais aussi dans toutes les gares de banlieue. C’est en limitant ces flux-là que nous lutterons activement contre le chômage engendré par cette libre circulation dévastatrice. Le peuple de Paris n’a pas à supporter la présence constante d’étrangers banlieusards sur son territoire.

Instaurons des quotas de retraités étrangers dans le sud de la France !

Pourquoi les seniors affluent-ils vers le sud une fois arrivés à la retraite ? C’est inadmissible. Par la venue de tous ces parisiens, lillois, bretons etc. le sud de la France voit son identité menacée ! L’accent provençal est en voie de disparition au profit du français venu du nord de la France. Ces vieux français du nord sont tous les jours en train de voler les résidences et logements des sudistes. Il est grand temps de se protéger face à cet « effet sud » qui attire une immigration indésirable tant qu’elle ne vient pas pour travailler, mais uniquement pour profiter de notre beau temps. Attirer les fainéants et les vieux, voilà un luxe que le sud de la France ne peut plus se permettre.

De la xénophobie simplement transposée

Ces mesures relèvent du bon sens. Car si l’on envisage des quotas à l’échelle d’un continent, ou d’un État, il n’y a aucune raison de ne pas transposer ce raisonnement à l’échelle locale, au plus près de la vie de nos concitoyens. La liberté de circulation est une aberration. Aujourd’hui, un banlieusard peut se rendre à Paris de la même manière qu’un Français peut se rendre en Pologne. En quoi est-ce un progrès ? En quoi est-ce émancipant de pouvoir se mouvoir sur un plus grand espace de liberté ? En quoi est-ce bienveillant de promouvoir une égalité des chances en faisant en sorte que nos vies ne dépendent pas des frontières au sein desquelles on naît ? Évidemment ces questions rhétoriques aident à envisager la seule solution possible : il faut aller beaucoup plus loin que ces simples contrôles aux frontières d’un État.

Quitte à être xénophobe, pourquoi ne pas l’être jusqu’au bout ? Pourquoi s’arrêter à un critère aussi arbitraire et artificiel que le national ?

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Vos commentaires

  • Le 21 février 2014 à 12:29, par Jean-Luc Lefèvre En réponse à : Réjouissons-nous des frontières et des quotas d’immigration !

    BRAVO !

    Cet article réconcilie avec l’« esprit » français, sa langue et...la saveur de son picrate !

    Il devrait aussi réconcilier la France avec...elle-même.

  • Le 22 février 2014 à 01:51, par Alexandre Marin En réponse à : Réjouissons-nous des frontières et des quotas d’immigration !

    « Il n’est pas normal que les franciliens non parisiens envahissent notre belle capitale pour voler nos emplois, nos logements et nos services publics. »

    En tant que Parisien, je suis d’accord à 819%. Le pire, ce sont ces provinciaux qui nous volent nos masters 2, et nos place en classes préparatoire. Sans compter que les Strasbourgeois nous ont odieusement volé les locaux de l’ENA.

    « Instaurons des quotas de retraités étrangers dans le sud de la France ! »

    Pour le coup, je donne mon accord avec moins d’ironie. La migration des seniors fortunés vers le sud et la construction massive de logements en béton ont saccagé le sud de la France et ses paysages, notamment sur les côtes, sans parler des très lourdes conséquences sur l’environnement.

  • Le 23 février 2014 à 03:38, par Xavier C. En réponse à : Réjouissons-nous des frontières et des quotas d’immigration !

    Tout à fait. Raisonnement parfaitement applicable au protectionnisme économique également ! Instaurons l’octroi à l’entrée des villes, comme dans le bon vieux temps.

    Bref. Un article de Guy Sorman qui me semble être une bonne suite à cet article, car il a des solutions à propos à nos « amis » frileux envers les étrangers : http://www.hebdo.ch/les-blogs/sorman-guy-le-futur-cest-tout-de-suite/les-immigrants-sont-rationnels-létat-providence-ne

  • Le 23 février 2014 à 20:10, par Ferghane Azihari En réponse à : Réjouissons-nous des frontières et des quotas d’immigration !

    Merci à tous pour vos commentaires.

    Cependant...

    @Xavier

    Le débat sur l’État-providence est impertinent voire hors-sujet car on sait tous que ce ne sont pas les arguments économiques & financiers qui ont motivé ce référendum étant donné que tout le monde sait que l’immigré rapporte plus que ce qu’il ne coûte.

  • Le 23 février 2014 à 20:25, par Ferghane Azihari En réponse à : Réjouissons-nous des frontières et des quotas d’immigration !

    Cependant si l’on sort du débat initial, l’idée proposée dans l’article que tu as posté est en théorie loin d’être absurde. Il faudrait se pencher sur les modalités pratiques pour juger et jauger sa viabilité.

  • Le 24 février 2014 à 03:04, par Xavier C. En réponse à : Réjouissons-nous des frontières et des quotas d’immigration !

    Comme le mentionne G. Sorman, ce sont les cantons les « moins exposés » à l’immigration qui ont voté contre celle-ci.

    Aussi il faut s’intéresser aux raisons pour lesquelles ils ont voté comme cela et étudier leurs arguments : http://www.immigration-massive.ch/assets/downloads/argumentaire-f.pdf

    Or le débat sur l’État-providence (non pas sur son étendue, mais sur les critères d’obtention de ladite providence...) n’est pas du tout impertinent lorsqu’on lit ce PDF (de manière évidente le point 2.7.2).

    Enfin tout ce débat est à relativiser car la votation concerne l’immigration de masse et non l’immigration en tant que telle. Ce n’est pas une fermeture des frontières, mais un retour aux quotas (comme au Canada par exemple).

  • Le 24 février 2014 à 11:04, par Ferghane Azihari En réponse à : Réjouissons-nous des frontières et des quotas d’immigration !

    Évidemment qu’il y a des arguments économiques (ne t’inquiète pas, j’ai suivi la campagne de près étant donné que j’y habite ;). Mais ils ne servent qu’à rationaliser la xénophobie. Les Suisses ne sont pas stupides. Ils savent que l’économie n’est qu’un prétexte fallacieux et que leur prospérité économique est due à l’appartenance au marché européen. C’est ainsi qu’ils ont délibérément fait le choix de risquer de se couper de ce marché. Ils ont délibérément fait le choix de se mettre dans une situation économique difficile.

    Les arguments économiques servent seulement à faire échec aux accusations de xénophobie : « Je ne suis pas xénophobe, je protège mes intérêts économiques ». Or c’est faux, c’est en votant non à ce référendum qu’il fallait les protéger.

    Tu énonces à juste titre que les cantons les moins exposés à l’immigration sont ceux qui ont été les plus intolérants. Tout est dit. Moins il y a d’étrangers, moins on les tolère.

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