Notre Dame en proie aux flammes, éternelle reste son âme

, par La Rédaction du Taurillon

Notre Dame en proie aux flammes, éternelle reste son âme

Hier soir, aux alentours de 19h, la cathédrale Notre-Dame de Paris a été victime d’un terrible incendie qui a ravagé une grande partie de sa structure. Sa charpente du XIIIème siècle consumée, sa flèche qui culminait à 93 mètres de haut depuis 1860 effondrée, et avec elle le tout Paris. Plus de 400 sapeurs-pompiers étaient mobilisés pour tenter de venir à bout de ce gigantesque brasier et sauver ce qui pouvait encore l’être.

Monument parmi les plus visités d’Europe et inscrite au patrimoine mondial de l’humanité, Notre-Dame de Paris n’est pas seulement un symbole chrétien. Elle fut par exemple vandalisée et rebaptisée “Temple de la raison” lors de la Révolution Française, on y célébra aussi la Libération de Paris à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Sur les réseaux sociaux, les photos publiées instantanément, les vidéos en direct, le hashtag #NotreDame, les réactions en France, les réactions en Europe, et au-delà. Le choc, l’incompréhension, l’humilité. La recherche d’un refuge, dans les mots de Victor Hugo, dans les dessins du Bossu de Notre-Dame, dans les souvenirs que chacune et chacun a de ce monument, de cette grande Dame. Celui d’une balade parisienne, d’une visite en famille, d’un détour par l’Île de la Cité. En l’espace de quelques minutes hier, vers 19h30, nous nous sommes tous retrouvés face à l’impuissance, dévastés de voir le coeur de Paris en proie aux flammes.

Hier soir, les messages de solidarité et de soutien pour la France, pour la ville de Paris et la Cathédrale Notre-Dame ont été partagés dans des dizaines de langues à travers le continent européen et au-delà.

Ce matin, les Unes des journaux illustrent le désarroi et l’immense tristesse partagés par des millions de citoyens. Ce matin aussi, la recherche des mots justes et pesés pour raconter cet événement qui nous laisse sans voix.

Finalement, nous vous laissons avec ces quelques phrases de Victor Hugo qui dépeignait si bien cette grandiose cathédrale :

« Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée. Au-dessous de cette flamme, au-dessous de la sombre balustrade à trèfles de braise, deux gouttières en gueules de monstres vomissaient sans relâche cette pluie ardente qui détachait son ruissellement argenté sur les ténèbres de la façade inférieure. À mesure qu’ils approchaient du sol, les deux jets de plomb liquide s’élargissaient en gerbes, comme l’eau qui jaillit des mille trous de l’arrosoir. Au-dessus de la flamme, les énormes tours, de chacune desquelles on voyait deux faces crues et tranchées, l’une toute noire, l’autre toute rouge, semblaient plus grandes encore de toute l’immensité de l’ombre qu’elles projetaient jusque dans le ciel. Leurs innombrables sculptures de diables et de dragons prenaient un aspect lugubre. La clarté inquiète de la flamme les faisait remuer à l’œil. Il y avait des guivres qui avaient l’air de rire, des gargouilles qu’on croyait entendre japper, des salamandres qui soufflaient dans le feu, des tarasques qui éternuaient dans la fumée. Et parmi ces monstres ainsi réveillés de leur sommeil de pierre par cette flamme, par ce bruit, il y en avait un qui marchait et qu’on voyait de temps en temps passer sur le front ardent du bûcher comme une chauve-souris devant une chandelle. Sans doute ce phare étrange allait éveiller au loin le bûcheron des collines de Bicêtre, épouvanté de voir chanceler sur ses bruyères l’ombre gigantesque des tours de Notre-Dame. » (Extrait de « Notre Dame de Paris », Victor Hugo. 1831)

Ce 16 avril, Notre Dame reste grandiose et continuera à traverser les siècles de l’Histoire.

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