Crise humanitaire - UE : 1-0.

, par Melina Charalampous

Crise humanitaire - UE : 1-0.
Shutterstock/Sebos

Dans un vif débat au cœur du Parlement européen qui a déclenché de multiples cartons bleus et de vifs affrontements entre les groupes politiques, les eurodéputés ont été invités à discuter la question des réfugiés et de la crise humanitaire qui l’accompagne aux frontières extérieures de l’Union européenne. Au cœur du débat se trouvaient les pratiques de la Croatie, qui mène une politique sévère de rapatriement forcé des réfugiés et des migrants.

Lors de la dernière session plénière du Parlement européen, a eu lieu le débat sur la question des réfugiés et de la crise humanitaire qui l’accompagne aux frontières extérieures de l’Union européenne.

Le débat a commencé avec la ministre Nikolina Brnjac en tant que porte-parole du Conseil de l’UE, qui a souligné, entre autres, que la situation aux frontières extérieures de l’UE reste alarmante, le nombre de passages illégaux battant tous les records et les besoins humanitaires étant de plus en plus importants.

Une nouvelle législation grecque visant à accélérer le processus d’asile et de retour, ainsi qu’une meilleure gestion des mineurs non accompagnés, arrive dans le but de mettre un terme l’alarme qui sonne depuis 2015 sur les îles grecques.

Dans les Balkans occidentaux, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine se sont mis d’accord pour une meilleure coopération sur le contrôle conjoint des frontières, la lutte contre les contrebandiers et le trafic de tous les migrants, en particulier des plus vulnérables.

"La migration est l’une des priorités de la présidence actuelle et nous avons besoin d’une solution durable avec une bonne gestion des frontières extérieures et le respect des droits humains", a-t-elle souligné, notant que dans cet effort “il est primordial que nos voisins (cf. la Turquie) nous rejoignent, avec qui nous devons travailler étroitement pour gérer les flux migratoires”.

Helena Dalli : "Toute forme de violence contre les réfugiés et les immigrants est inacceptable"

Au nom de la Commission européenne, Helena Dalli a déclaré sans équivoque que l’UE promeut le respect des droits des réfugiés, des demandeurs d’asile et des immigrants et que les États membres devraient respecter pleinement les principes de non-refoulement et de l’état de droit, lorsqu’ils appliquent l’acquis communautaire en matière de gestion des frontières extérieures, d’examen des demandes d’asile et de traitement des migrants.

En tant que gardienne des traités, la Commission européenne fournit une assistance continue aux États membres pour répondre à la crise migratoire, en prenant des mesures en cas de plainte pour non-respect de l’acquis communautaire. Elle sera assistée dans la gestion de cette crise humanitaire par le nouveau mécanisme FRONTEX qui, selon la commissaire, garantira le respect des droits fondamentaux.

"Nous devons parvenir à une compréhension commune de la manière de gérer la crise migratoire collectivement, nous unir autour de nos valeurs partagées et de nos responsabilités humanitaires, et nous efforcer de rendre les sociétés européennes plus inclusives", a-t-elle déclaré dans son discours.

« Sifflet » du président du Parlement : carton bleu !

Lors du débat qui a suivi entre les représentants des groupes politiques, des cartons bleus (brandis lorsqu’un eurodéputé souhaite poser une question à un autre eurodéputé) ont été levés à plusieurs reprises, faisant référence à la politique de répression brutale menée par la police croate à la frontière avec la Bosnie-Herzégovine.

Un exemple frappant a été le discours de Mme Strik Tineke (Verts / ALE), qui a déclaré que les répulsions violentes à la frontière croate sont un phénomène quotidien. De même, Cornelia Ernst (GUE / NGL), a déclaré que ces dernières années, l’Europe a été inondée de vagues de réfugiés, mais cela ne donne pas lieu à une violence policière généralisée.

En réponse à ces allégations, beaucoup ont fait valoir que ces déclarations ne sont que des fake news. Parmi eux, Sokol Tomislav, député du PPE, qui a parlé de fausses nouvelles et de calomnies contre le gouvernement croate.

"Ils quittent l’enfer de la guerre et arrivent dans l’enfer de l’UE : cette tragédie que nous appelons la politique d’immigration doit cesser"

Dans ce grand débat il y a eu aussi ceux qui ont exprimé ce qu’ils attendent de l’UE pour faire face à la crise des réfugiés.

Pour le groupe Renew Europe, il est nécessaire de se mettre d’accord sur de nouvelles formes de coopération avec les pays tiers prévoyant une gestion commune des flux migratoires.

Pour les conservateurs, l’UE doit lutter contre les causes profondes de l’immigration, à savoir l’instabilité et la situation de conflit dans les pays géographiquement proches.

Enfin, pour le PPE, il est nécessaire de réviser le règlement de Dublin afin de répartir la charge qui jusqu’aujourd’hui pèse uniquement les pays de première ligne en raison de leur proximité géographique avec les pays d’origine des réfugiés.

La conclusion tirée de cette discussion est que l’UE n’a jusqu’à présent pas réussi à gérer efficacement la crise migratoire. Elle doit faire entendre sa voix en proposant une solution européenne commune pour lutter contre l’immigration illégale, qui est le fruit de réseaux criminels bien organisés de passeurs, en faisant passer les réfugiés et les migrants vers l’Europe occidentale. "Ils quittent l’enfer de la guerre et arrivent dans l’enfer de l’UE", a déclaré Konstantinos Arvanitis (GUE / NGL), demandant à l’UE de clarifier ses positions pour faire face efficacement à la crise humanitaire.

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