Traité de Lisbonne

Thierry Mariani : « le traité de Lisbonne permet de débloquer les institutions paralysées depuis plusieurs années »

Secrétaire national de l’UMP chargé des relations internationales et des français de l’étranger

, par Fabien Cazenave

Thierry Mariani : « le traité de Lisbonne permet de débloquer les institutions paralysées depuis plusieurs années »

Alors que le processus de ratification parlementaire du traité de Lisbonne suit son cours, le Taurillon ouvre ses colonnes à plusieurs personnalités, politiques ou de la société civile. Aujourd’hui, Thierry Mariani, qui est notamment secrétaire national de l’UMP chargé des relations internationales et des français de l’étranger.

Le Taurillon : Le Président Nicolas Sarkozy s’est beaucoup investi auprès de ses partenaires européens pour que le Traité de Lisbonne voit le jour. Est-ce que cela veut dire que l’Europe ne peut pas en rester au Traité de Nice ?

Thierry Mariani : En effet, il me semble qu’aujourd’hui le Traité de Nice ne réponde plus à la construction européenne, à ses attentes, à ses défis, à ses ambitions. Il ne donne pas à l’Union les moyens de faire face et la capacité de décider à 27. Tous les États membres le savent bien aujourd’hui.

L’Europe avance mais à l’intérieur d’une impasse. Le système institutionnel du Traité de Nice est en train de dévoiler ses limites, limites susceptibles de freiner durablement la construction européenne. Ainsi, par exemple, l’excessive rigidité du système de décision, en particulier au Conseil.

Le Taurillon : Vous êtes vous même député. Allez-vous ratifier le Traité de Lisbonne et pourquoi ?

Thierry Mariani : Tout comme j’ai voté pour le Projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution permettant ainsi à la France de ratifier le Traité de Lisbonne, je voterai pour la ratification du Traité. Il me semble indispensable de parvenir à un accord entre les 27 pays membres de l’Union européenne afin de débloquer les institutions paralysées depuis plusieurs années.

L’objectif : adapter les institutions européennes à une Union élargie, passer à la majorité qualifiée dans plus de cinquantaine domaines clés et doter l’Union de compétences solides pour affronter les défis de demain.

Le Taurillon : Pourquoi a-t-on un texte qui ressemble beaucoup au précédent, le TCE ? Les 18 pays qui avaient ratifié ne voulaient pas tout perdre ?

Thierry Mariani : Tout simplement parce que le TCE n’était pas un texte inutile et sans valeur ! Je pense que la question essentielle est ailleurs : comment le Traité de Lisbonne répond-il aux attentes des deux pays qui avaient dit non à la Constitution européenne ?

Les éléments les plus représentatifs de l’ancien traité constitutionnel, mais aussi les plus contestés, tels la création de « lois européennes » ou les symboles de l’Union, ont été supprimés. Le traité simplifié tient ainsi compte des préoccupations exprimées par les européens.

Le Taurillon : La France sera l’un des premiers pays (le 4e) à ratifier le texte. Est-ce pour se repositionner comme un pays leader de la construction européenne ?

Thierry Mariani : La négociation d’un traité européen simplifié, ainsi que sa ratification par voie parlement aire, avaient été abordées dans le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy. Dans le projet législatif 2007-2012 de l’UMP, a en effet été mis en avant le fait que la France doit « prendre l’attache de ses partenaires » pour « repartir du bon pied » en Europe, « d’abord au titre de ses responsabilités historiques dans la construction européenne, ensuite parce que l’Europe est un cadre incontournable de nos ambitions politiques, écologiques, économiques et sociales ».

Il est important aussi de rappeler que la France sera à la tête de la présidence de l’Union européenne au second semestre 2008. Nous nous devons ainsi de nous positionner d’une certaine façon comme leader.

Illustration : photographie de M. Mariani, merci à son assistante Mlle Anne-Sophie Bruyère.

Pour complément d’informations, M. Mariani est également député du Vaucluse et conseiller régional PACA.

Vos commentaires

  • Le 7 février 2008 à 08:47, par Claude Guillemain En réponse à : Thierry Mariani : « le traité de Lisbonne permet de débloquer les institutions paralysées depuis plusieurs années »

    La France va devenir, après la Hongrie, Malte, la Roumanie et la Slovénie, le cinquième pays à avoir ratifié le nouveau traité européen, signé à Lisbonne le 13 décembre 2007 et qui entrera en vigueur le 1er janvier 2009.

    Les Européens convaincus se réjouissent car c’est aujourd’hui que le Traité de Lisbonne sera ratifié.

    Oui, nous avons perdu trois ans, à cause de certains politiciens professionnels du refus et de la sclérose. Oui, le référendum de 2005 était une imposture, en ce sens que les Français ont voté contre Chirac et non contre l’Europe.

    Lors du conseil des ministres, Nicolas Sarkozy s’est félicité que ce traité « simplifié », dont il fut l’inspirateur, tourne la page d’une « Europe engluée ». En fait, c’est la France toute entière qui était engluée dans ses archaismes et son nationalisme rétrograde.

    Heureusement, nos amis Européens ont su nous attendre. Mettons aujourd’hui les bouchées doubles pour faire avancer l’Europe.

    Claude Guillemain

    Breizh 2004 Mouvement Fédéraliste Breton et Européen http://www.breizh-2004.org

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