Avenir de l’Europe

Nicolas Sarkozy : « La France est de retour en Europe »

Mais avec quelle ambition ?

, par Nicolas Jean, Pauline Gessant, Pierre-Marie Giard

Nicolas Sarkozy : « La France est de retour en Europe »

Le 6 mai dernier, Nicolas Sarkozy, tout nouveau président de la République français, affirmait que la France était de retour en Europe. Après deux ans d’un silence assourdissant, les Jeunes Européens France ne peuvent que se réjouir de cette prise de position. Mais au-delà des paroles, nous attendons de notre nouveau président des engagements forts et ambitieux pour l’Europe de demain.

Le président Sarkozy n’a pas mis longtemps pour associer ses paroles aux actes. Ainsi dès le jour de son investiture, le 16 juin 2007, il se rend en Allemagne pour rencontrer Angela Merkel qui assure la présidence du Conseil de l’Union européenne. Quelques jours plus tard, le 23 mai, il s’entretient à Bruxelles avec Jose Manuel Barroso, président de la Commission européenne. Il rencontre également de nombreux dirigeants européens : Tony Blair, Jose Luis Zapatero, Romano Prodi… Il paraît dont clair que la France réinvestit les discussions européennes, et s’engage enfin à faire sortir l’Europe de la crise institutionnelle dans laquelle elle est plongée depuis les « non » français et néerlandais de 2005.

Pour cela Nicolas Sarkozy a une idée : un traité simplifié. Ce texte reprendrait toute la partie I du projet de constitution actuel, c’est-à-dire toute la partie concernant le mécanisme institutionnel :
- présidence du conseil européen pour deux ans au lieu des six mois actuels,
- création d’un ministre des affaires étrangères de l’UE,
- extension du vote à la majorité qualifiée.

La question de l’intégration de la charte des droits fondamentaux dans le traité simplifié ne serait pas tranchée.

Le chef de l’État a en outre déclaré que le traité simplifié serait ratifié en France par le Parlement et non par référendum. Nicolas Sarkozy considère qu’il s’agit de la « seule solution possible » pour sortir l’Europe de la « paralysie relative » dans laquelle elle se trouve, a-t-il déclaré à Bruxelles.

Notons que l’expression de mini traité a disparu – fort heureusement – ce qui donne moins l’impression d’un compromis a minima.

Pour autant, pouvons-nous nous contenter d’une telle sortie de crise ?

Rappelons que les Jeunes Européens - France défendent une construction politique et fédérale de l’Union européenne associant les citoyens, et réclament donc une vraie Constitution. Nous croyons ardemment que pour réconcilier les citoyens européens, et en particulier nos compatriotes, avec la construction européenne, la procédure du référendum paneuropéen constitue la seule méthode de ratification pertinente et utile. Un tel référendum nous permettra de ne pas retomber dans les travers de 2005 où le débat strictement national a pollué le débat européen.

Notons également, que la France devrait faire preuve d’humilité sur ce dossier, et ne pas considérer qu’elle seule peut porter la solution. Ainsi, parmi les 18 États membres ayant ratifié le projet de constitution en 2005, nombreux sont les pays qui refusent d’accepter un traité minimaliste. Le Premier ministre belge Guy Verhofstadt considère, par exemple, que le mini traité ne fournira pas les instruments nécessaires à l’Europe pour avancer.

D’autres États veulent revenir sur des dispositions inclues dans le traité constitutionnel mais que souhaiterait conserver Nicolas Sarkozy dans son projet.

La Pologne et la République tchèque se sont ainsi mises d’accord lundi pour refuser une réforme des systèmes de vote au conseil des ministres et ont rejeté la volonté de la France d’élargir les domaines soumis au vote à la majorité qualifiée au Conseil. La Grande Bretagne serait opposée à la création d’un ministre des Affaires étrangères pour représenter l’UE.

Gageons que Nicolas Sarkozy qui a su critiquer l’arrogance française, n’en sera pas son nouveau représentant...

En sommes, nous saluons cette volonté retrouvée et affichée de faire participer la France à la sortie de crise européenne, c’est sans aucun doute son rôle et son devoir, surtout dans la perspective de la présidence du Conseil de l’Union européenne qu’elle assurera au second semestre 2008.

Nous sommes également prêts à reconnaître qu’une possibilité « d’aller vite et si possible d’aller bien » pourrait passer par la proposition de Nicolas Sarkozy, et sans doute revêt elle un caractère pragmatique dont nous avons besoin pour sortir rapidement de cette crise.

Pourtant cela ne nous suffit pas, et ne nous suffira pas. L’Europe doit se construire avec ses citoyens, nous avons vu ce que cela donne quand elle ne le fait pas.

Nous appelons donc notre nouveau président, Nicolas Sarkozy à ne pas s’arrêter à un traité simplifié. Il devra nécessairement prévoir et obtenir une clause de rendez-vous pour élaborer une vraie Constitution, socle d’une citoyenneté européenne. Cette Constitution pourrait être soumise aux citoyens européens par référendum en même temps que les prochaines élections européennes de 2009.

Retrouver l’essence de la vertu démocratique en Europe, c’est à dire la discussion publique des questions européenne doit plus que jamais être une priorité du nouveau président français et de ses homologues européens.

Illustration : photographie issue du déplacement de Nicolas Sarkozy à Bruxelles pour rencontrer la Commission européenne. Source : site de l’Elysée.

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Vos commentaires

  • Le 1er juin 2007 à 09:37, par Jacques Chauvin, VP, UEF-France. En réponse à : Nicolas Sarkozy : « La France est de retour en Europe »

    Qu’il soit permis aux « anciens » de l’UEF de s’associer à cette prise de position de leurs cadets des JEF. Lucidité et modération sans renoncer en rien à poursuivre l’objectif : voilà ce qui doit inspirer notre militantisme pour une Europe fédérale.

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