Libéralisation des visas Échanges culturels en Europe : assez des obstacles causés par l’obligation des visas !

, par Traduit par Karim-Pierre Maalej, Lea Sarah Kulick

Libéralisation des visas Échanges culturels en Europe : assez des obstacles causés par l'obligation des visas !

Andrea est slovaque. Pour cette jeune européenne née en dehors des frontières de l’Union, Schengen, c’est une porte vers la connaissance et l’échange entre les cultures. Interview.

Lea Sarah Kulick : Quel est l’intérêt de créer une filière d’études européennes si les ressortissants européens hors-UE ne peuvent pas y participer ?

Andrea Tittelova : C’est la question que je me suis posée lorsque j’ai suivi mon Master en Études européennes dans une université aux Pays-Bas, qui se prévaut d’offrir une ambiance internationale dans ses classes et une perspective globale à ses étudiants. Je pense que c’était effectivement un aspect très important de mes études que d’avoir la possibilité de se retrouver ainsi dans des salles de cours avec des personnes provenant non seulement de l’Union Européenne mais aussi d’autres pays comme l’Ukraine, la Géorgie, la Turquie, l’Arménie, le Kosovo et la Moldavie. J’avais plaisir à rencontrer des jeunes de ces pays, à discuter avec eux et à échanger des avis sur les thèmes académiques de nos études. Mais évidemment, cet échange n’était pas limité aux salles de cours, il se situait bien au-delà ! Il y avait un échange, un échange qui a à mon avis beaucoup plus de valeur pour le développement personnel : par les diverses rencontres informelles et le simple fait de vivre ensemble, nous avons eu l’opportunité d’apprendre de nos cultures en découvrant nos similarités et nos différences.

Par exemple, j’ai été invitée à célébrer Noël un 7 janvier ! En effet, en Ukraine et Géorgie (par exemple) les églises orthodoxes nationales utilisent l’ancien calendrier julien pour fixer les fêtes religieuses. J’ai donc eu le plaisir de vivre un Noël avec des traditions absolument nouvelles pour moi, comme des chansons et des nourritures différentes. Pour moi, c’était une expérience enrichissante, et ce n’était pas la seule.

Tache d’huile

Il est certes possible de se renseigner par d’autres moyens sur la façon dont Noël est célébré en Europe de l’Est — par exemple avec une recherche sur Internet. Mais c’est tout à fait différent lorsqu’on en fait réellement partie ! Il serait même encore meilleur de voyager directement dans ces pays pour connaître leur façon de fêter Noël et tous les autres aspects de leurs cultures ; mais pour cela il serait plus efficace et plus facile d’avoir déjà des amis dans ces pays. Étant amie avec des Ukrainiens, des Moldaves, des Arméniens, etc., mon intérêt pour ces pays s’est naturellement accru et notre échange culturel s’en est poursuivi. Cela fait un peu comme une tache d’huile : une fois que l’intérêt est éveillé, il continue à se développer et touche de plus en plus d’aspects, de cultures et de pays.

Contrebalancer l’ignorance

Je ne peux parler que pour moi-même, mais je crois que c’est aussi le cas pour la majorité des Européens occidentaux : nous manquons d’une connaissance des pays européens qui ne font pas partie de l’UE. De nombreuses raisons peuvent être trouvées pour justifier ce manque... mais la question est : que peut-on faire pour de changer cet état de fait ? Il me semble qu’une initiative intéressante serait d’accroître les échanges culturels au sein de l’Europe au-delà des frontières de l’Union Européenne !

Bien entendu, tous les gens habitant en Europe de l’Ouest ne seront pas nécessairement intéressés à apprendre plus de ces cultures, peut-être même qu’ils ne savent pas exactement quels pays font partie de l’UE et quels pays n’en font pas partie, mais je pense qu’au moins les personnes qui sont déjà suffisamment motivées pour commencer une filière d’études européennes devraient avoir la possibilité de rencontrer et de s’échanger avec d’autres étudiants de TOUS les pays européens.

Lea Sarah Kulick : Alors, qu’est-ce qui nous empêche de mettre en œuvre cette idée ?

Andrea Tittelova : La réponse est très simple : afin de voyager ou d’étudier dans l’UE, presque tous les citoyens des pays européens qui ne sont membres ni de l’UE ni de l’espace Schengen doivent demander un visa. Cette procédure administrative longue, compliquée, onéreuse et parfois même humiliante est un obstacle énorme pour cet échange culturel.

Même les étudiants qui étaient inscrits au le même Master que moi (qui dure un an) devaient faire une demande de visa tous les trois mois ! Selon moi, c’est une pratique totalement inacceptable et pas du tout raisonnable. Une visa d’un an pour toute la période d’études aurait été plus que suffisant.

La libéralisation des visas est une étape cruciale pour permettre et encourager la mobilité en Europe. Elle est nécessaire pour assurer des programmes d’études ouverts à des nationalités diverses et appuyer un vrai échange culturel !

Une Europe accueillante

Je crois qu’il est essentiel que l’UE s’ouvre davantage aux autres pays en Europe. L’UE ne devrait pas être perçue comme une entité fermée qui entrave les études et les voyages sur son territoire d’une partie considérable d’Européens. Les jeunes Européens des Balkans, du Caucase du Sud, d’Ukraine, de Turquie et de tous les autres pays du continent européen devraient avoir la possibilité de découvrir et d’enrichir l’Union Européenne avec leurs expériences, idées et cultures !

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