La Bulgarie entre chute du communisme et intégration européenne

, par Plamena Markova

La Bulgarie entre chute du communisme et intégration européenne

Après 45 ans d’un régime communiste fort, idéologiquement et politiquement chapeauté par l’Union soviétique, la Bulgarie a pu en 1989 se joindre au mouvement de démocratisation, qu’ont connu les pays de l’Europe de l’Est.

La détermination avec laquelle les Bulgares se sont débarrassés du régime totalitaire qui régnait sans partage dans le pays, les mouvements ressemblant des centaines de milliers de personnes, ont attiré l’attention du monde occidental. La société bulgare a dû alors chercher une sortie de la réalité politique imposée d’une manière artificielle de l’étranger, dont les origines remontent à la fin de la 2ième guerre mondiale. Très vite, le Parti Communiste fut vaincu, et le chemin vers la création d’un État véritablement démocratique, économie de marché et liberté individuelle a été enfin ouvert. Au moins en théorie…

Comme tout renouveau, celui-là a été rempli d’enthousiasme, d’espoirs et de promesses. Cependant, très vite, l’espoir s’est transformé en désillusion, l’enthousiasme en pessimisme. Malgré l’attirance idéologique, la transition a eu un coût énorme en pratique. Après des décennies de construction du communisme qui devait surpasser le capitalisme, la Bulgarie devait désormais relever un défi diamétralement opposé : construire un nouveau model économique sur les ruines de l’ancien. La productivité accrue et la croissance ne sont pas venues tout de suite. Dans les années qui ont succédé, la période de transition s’est avérée particulièrement dure, représentant la pire stagnation que le pays n’ait jamais connue. Sans parler de la corruption massive qui s’est développée pendant cette période. Ajoutons à cela le vacuum politique et institutionnel, et le résultat sera, entre autres, un crime organisé particulièrement fort.

Combattre le crime organisé pour intégrer l’UE

Le crime organisé est par ailleurs souvent considéré comme un attribut inévitable des société post-communistes, à cause de leur évolution rapide de monopole publique à des entreprises privées très chaotiques. De surcroît, les institutions publiques et le système judiciaires se sont montrés totalement défaillants et inadaptés aux nouveaux changements, dans un environnement économique ou les affaires se faisaient à la limite de l’illégalité. Tout de même, au tout début de la transition le crime organisé était éclipsé par ce qui s’appelait les réformes démocratiques en Bulgarie, et, donc, sous-estimé par les institutions nationales et internationales. A la fin des années 90, le mécontentement et la méfiance de l’opinion publique vis à vis de la situation du pays a fait en sorte que le problème devienne une préoccupation nationale et un souci pour les Européens. C’était particulièrement évident dans le démarrage du processus d’adhésion à l’Union européenne. La lutte contre le crime organisé est devenue une condition imposée à la Bulgarie. Après une transition douloureuse, qui a beaucoup découragé la société, la candidature bulgare à l’adhésion à l’UE a été reçue assez sceptiquement au niveau national. La société, déçue et surtout fatiguée des réformes, a donc peu soutenu les efforts du gouvernement. Toutefois, la Bulgarie a montré sa volonté d’en finir avec le passé qui pesait sur elle et de prouver son éligibilité pour l’intégration européenne. A partir de 2000 la Bulgarie a connu une croissance significative et soutenue, le chômage a fortement diminué et l’inflation a pu être relativement maîtrisée. Reste cependant à améliorer le niveau de vie des Bulgares et augmenter leurs revenus.

Une intégration retardée, critiquée, mais célébrée

En 2007, la Bulgarie est devenue le 27ième membre de l’UE. A cette occasion, d’impressionnantes festivités ont été organisées sur la place centrale de Sofia. Les Bulgares étaient pleins d’espoirs, tout en sachant que les défis à relever sont tout aussi grands. La croissance que la Bulgarie connaît la rend plus attractive aux investissements étrangers. De plus, l’héritage culturel et historique est une contribution considérable à l’esprit européen. De l’autre côté, l’UE continue d’aider la Bulgarie à progresser en apportant des mécanismes de l’acquis communautaire dans les secteurs où les réformes sont toujours nécessaires, et notamment dans la lutte contre la corruption.

Illustration : Armoiries de la Bulgarie

Source : Wikipedia

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