Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

Interview vidéo réalisée à l’occasion des « Entretiens de Valois »

, par La Rédaction du Taurillon

Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n'auront d'européennes que le nom »

Jean-Louis Bourlanges, ancien député européen, a toujours un avis tranché. Le Taurillon lui a demandé son avis sur les prochains élections européennes qui auront lieu en 2009.

C’est à l’occasion des « Entretiens de Valois » que le Taurillon a pu interroger Jean-Louis Bourlanges.

Cet ancien eurodéputé (il a abandonné son mandat fin 2007) et ancien président du Mouvement Européen - France n’a pas la langue dans sa poche.

D’où l’intérêt de lui donner la parole alors que se préparent les élections européennes de 2009. Jean-Louis Bourlanges ne nous rassurent pas quant aux ambitions de nos partis nationaux...

L’interview en vidéo

Retranscription de l’interview

Le Taurillon : Allons-nous avoir un vrai débat européen à l’occasion des prochaines élections européennes de 2009 ?

Jean-Louis Bourlanges : Non. Si je le pensais, je serais toujours parlementaire européen. Je suis absolument convaincu et effrayé par l’idée que les querelles nationales, les contestations internes à chaque pays dominent complètement le débat politique. Une fois de plus, nous allons avoir des élections européennes qui n’auront d’européennes que le nom car c’est à chaque fois à travers cette consultation nationale, que tout un ensemble de pensées et d’arrières-pensées nationales vont jouer.

On va avoir un jeu droite-gauche de type classique, alors même qu’on sait que à droite comme à gauche, le rapport à l’Europe n’est pas le même. Vous avez une droite pro-européenne et une droite anti-européenne ainsi qu’une gauche pro-européenne et une guache anti-européenne. Tout ça on va le maquiller de manière à revenir à la bonne vielle tradition du ping-pong droite-gauche, qui n’a pas de raison d’exister au niveau européen.

Le Taurillon : Faut-il que le Président de la Commission européenne tire sa légitimité du Parlement européen ?

Jean-Louis Bourlanges : Je crois que c’est très important que le président de la future Commission européenne appartienne à la majorité qui se sera dégagée des élections européennes. Cela d’ailleur a été le cas avec M. Barroso.

On aime ou on aime pas M. Barroso, mais c’est le PPE qui a gagné les élections et c’est donc un responsable PPE qui a été porté à la présidence de la Commission. Ceux qui avaient voulu, comme Chirac à l’époque, ignoré cette affaire en présentant quelqun (pour qui j’ai énormément d’estime), M. Verhofstadt, comme le candidat des Français et des Allemands, on leur a répondu que ce n’était pas une question de Français ou d’Allemand, mais une question d’orientation politique. Et je crois que c’est bien.

Est-ce qu’il faut aller jusqu’à l’idée qu’avant les élections on désigne une personne ? A mon avis, c’est introduire une rigidité dans le système de manière qui serait un peu excessive.

En réalité, le président de la Commission aujourd’hui résulte d’un double-accord au sein du Conseil européen des chefs d’États et de gouvernement. Cet accord est assez subtil à mettre en œuvre. Il faut à la fois que le Président soit issu de la majorité qui gagne les élections et d’autre part, car c’est la loi de l’Europe, qu’ils soit accepté en tant que tel par ceux des partis qui ont perdu. C’est ça l’accord, celui qui peut marcher en disant que le président sera issu de la grande majorité mais aussi qu’il aura l’agrément de la minorité. Donc il y a une négociation et puis ensuite l’accord du parti majoritaire européen. Personne ne peut préjuger de la façon dont les partis européens appréciera le comportement du candidat qui lui sera proposé. Il vote l’approbation du président de la Commission et à travers les auditions, il approuve le collège.

Il y a des procédures parlementaires qui existent et je pense qu’il faut les laisser ainsi. En revanche, il faut que les Européens sachent que leur vote au mois de juin prochain déterminera non pas la couleur politique de la Commission mais l’orientation politique du Président de la Commission.

Illustration : photographie de Jean-Louis Bourlanges (sous licence Creative Commons), issue de Wikipedia.

Vidéo réalisée par Fabien Cazenave.

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Vos commentaires

  • Le 6 octobre 2008 à 09:36, par Valéry En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    En même temps le sujet de l’élection européenne n’est pas — ou pas que — savoir si on est pour ou contre l’Europe mais avant tout de décider de l’orientation des lois européennes. À ce titre il n’est pas inutile qu’il y ait une confrontation droite gauche et une majorité progressiste au Parlement européen.

  • Le 6 octobre 2008 à 10:47, par Fabien Cazenave En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Je trouve que la procédure est un peu compliquée actuellement. Onesta avec son « le président de la Commission est un technocrate que personne ne connaît » avait raison de ce point de vue-là.

  • Le 6 octobre 2008 à 11:07, par Ronan Blaise En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    On attend que nos Eurodéputés fassent preuve d’audace et s’émancipent à l’égard de leurs appareils partisans. Las, soumis au jeu des investitures (et des grandes facheries et/ou petits calculs politiciens qui agrémentent la vie tortueuse de leurs formations politiques respectives...) ils en restent désespérément inféodés.

    Du coup l’élection européenne de juin prochain (un moment qu’on attendait presque révolutionnaire...), faute d’avoir été capable d’intéresser les masses sur des enjeux clairs, risque encore - comme de coutume - de tourner en eau de boudin (et à l’abstention massive). Pourtant on n’appâte pas les mouches avec du vinaigre (et les électeurs non plus...).

    Dans l’immédiat, M. Bourlanges a donc parfaitement raison : à moins d’un sursaut (qu’on ne voit - malheureusement - décidément pas venir...) le parlement européen est - à l’heure actuelle - un magnifique porte-avion condamné à faire quelques ronds dans l’eau, une superbe rollsce-royce condamnée à ne faire strictement que du ramassage scolaire.

    De quoi énerver le Taurillon, non ?! (et le faire ruer dans les brancards...).

  • Le 6 octobre 2008 à 11:11, par Ronan Blaise En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Juste espérer que les dits « progressistes » ne « spéculent » pas (« sport » devenu dangereux, ces derniers temps...) sur une campagne terne, molle et sans grand intérêt populaire (et sur l’absention...) pour obtenir là un score supérieur à ce qu’ils représentent vraiment dans l’électorat...

  • Le 6 octobre 2008 à 13:36, par valery En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Ce n’est pas tout à fait exact : si on peut regretter que les acteurs politiques ne prennent pas plus au sérieux les enjeux de cet élection, le Parlement Européen a un rôle important dans les institutions actuelles. Si l’élection ne suscite pas le débat de l’ampleur que l’on devrait connaître, il n’en reste pas moins que l’on va parler des problèmatiques européennes et que l’on va élire des représentants qui vont décider sur les orientations des politiques européennes. Il n’y a aucun lien entre la qualité - insuffisante - de débat à l’occasion de la campagne et le rôle - désormais important grâce aux petits pas successifs qu’on représentés les divers traités - de l’assemblée européenne.

  • Le 6 octobre 2008 à 20:37, par Ronan En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Tu as parfaitement raison mais tu sais également fort bien que si l’abstention est - cette fois encore - au moins aussi importante lors de ces élections qu’aux précédentes, cela servira à nouveau d’argument aux eurosceptiques pour tenter de délégitimer l’action du Parlement (surtout si celui-là se met à échaffauder des plans pour essayer de sortir l’UE de l’ornière institutionnelle où elle se trouve...).

    Et nous aurons donc encore à combattre en position défensive. Or, pardon, mais moi je commence vraiment sérieusement à en avoir marre de combattre sur la ligne Maginot quand l’ « ennemi » est déjà sur la Loire...

    A ne pas vouloir politiser cette élection, nos Eurodéputés se font complices du manque de légitimité et au manque de crédibilité dont - à l’évidence - ils souffrent aujourd’hui dans l’opinion. Bref : par manque d’audace, ils se tirent dans le pied (au risque de passer pour un parlement croupion : plein de prérogatives à ne plus savoir qu’en faire ; mais sans véritable légitimité populaire pour véritablement en user, et agir).

  • Le 6 octobre 2008 à 22:04, par Valéry En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    « cela servira à nouveau d’argument aux eurosceptiques pour tenter de délégitimer l’action du Parlement »

    Certes mais l’argument étant fallacieux, on les emmerde non ?

    « Et nous aurons donc encore à combattre en position défensive. »

    Il n’y a rien a défendre : le Parlement européen est une institution puissante et capable de remettre dans le droit chemin pas mal de choses. On le voit encore récemment où une mesure liberticide qu’entend imposer le pouvoir en France est rejetée par une large majorité de nos élus européens et que la Commission démontre qu’elle craint plus les eurodéputés que l’hyperprésident français

  • Le 7 octobre 2008 à 06:36, par Ronan En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    L’arguùment est peut-être falacieux, mais il porte. A force de ne pas écouter les arguments des autres, à force de ne pas reconnaître leur influence dans le débat public, à force de ne pas prendre les mesures pour les contrer, il arrive ce qui devait fatalement arriver : on perd.

    Lors de la campagne référendaire de 2005, lors du processus de Lisbonne (à l’occasion du référendum irlandais, notamment...), les européens ont montré - de façon assez systématique - qu’ils étaient timorés, en position défensives et avaient - de façon assez symptomatique, enfermés dans leurs certitudes - une guerre de retard et une forte propension à encaisser les coups sans jamais en rendre efficacement un seul. Maintenant encore ?!

    Il ne suffit pas d’avoir des certitudes - partagées entre seuls européens ?! - quant au rôle actuel du Parlement européen, faut-il encore que l’opinion publique ait vraiment - dans sa globalité - le sentiment que s’y joue là son avenir. Or, est-ce le cas ?!

  • Le 7 octobre 2008 à 09:31, par valéry En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Ce n’est pas en restant sur la défensive - et donc en acceptant de répondre aux mensonges des nationalistes — que l’on va pouvoir convaincre : il faut au contraire développer nos propres arguments.

    Notre campagne pour que les partis présentent un candidat à la présidence de la Commission est une excellente chose toutefois il n’est pas pertinent de limiter l’enjeu de l’élection européenne à celui-là.

    Il est important aussi de souligner et de démontrer comment le Parlement européen, même s’il n’a pas encore tout les pouvoirs que souhaitent les fédéralistes, est déjà un organe important et par copnséquent pourquoi il est nécessaire d’aller voter.

    Par exemple Daniel Cohn Bendit racontait dans Ecrans hier comment les eurodéputés UMP ont tentés, heureusement seuls de faire obstacle à l’amendement défendant nos libertés face au projet scandaleux dit de riposte graduée du pouvoir français. Il est donc essentiel par exemple de virer un maximum d’entre eux de cette assemblée. Et celà c’est déjà politiser l’enjeu.

  • Le 7 octobre 2008 à 12:28, par Ronan En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    La présidence de la Commission, c’est bien mais ce sujet là n’est certainement pas assez sexy pour dynamiser la campagne à lui seul (d’ailleurs qui en parle, à part nous ?!). Si nous persistons dans cette erreur, nous l’apprendrons à nos dépends. Limiter notre campagne à ce seul oblectif - très limité - risque non seulement d’être improductif mais également suicidaire.

    Laisser nos adversaires diffuser leur vision du parlement et l’accréditer par des campagnes aussi molles, c’est leur donner raison. Non à la politique de l’autruche !

  • Le 7 octobre 2008 à 15:39, par Fabien Cazenave En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Je ne comprends pas Ronan : la campagne menée par une partie de la société civile (les Fédéralistes) sur ce sujet est très pertinente et est particulièrement adressée... aux partis européens car ce sont eux qui doivent faire ce choix.

    Au travers de cette campagne, nous sensibilisons le public sur ce sujet tout en donnant notre vision du fonctionnement de l’Union européenne.

    Est-ce qu’il faut que le programme soit de gauche ou de droite ? Là n’est pas notre devoir. Nous devons agir en tant que contre-pouvoir pour éviter que nous ayons des débats seulement nationaux. Grâce à cette revendication, nous allons dans le bon chemin.

    Mais nous ne nous présenterons pas derrière devant le suffrage universel. C’est aux futurs candidats de le faire.

  • Le 7 octobre 2008 à 16:07, par Ronan En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Certes, mais je pense que ceux qui s’imaginent que cette seule perspective (i. e : de voir le président de la Commission désigné par une majorité parlementaire de façon plus transparente : modalité institutionnelle d’ordre technique...) fera baisser le taux d’abstention aux élections européennes de façon significative se foutent le doigt dans l’oeil au moins jusqu’à l’omoplate.

    Si vous voulez vraiment que les gens se précipitent vers les urnes, il va falloir singulièrement davantage « intéresser » la partie... Ce qui est proposé est certes nécessaire, mais ce n’est pas suffisant (et certainement pas « sexy »...) :

    De même qu’on ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance, on ne tombe pas amoureux non plus d’une stricte et solitaire modalité institutionnelle (de plus) de désignation d’un chef de l’exécutif (fut-ce t-il européen...). Et même si ça se fait - désormais plus que moins - par la voix des urnes...

    Intéresser la partie ?! Il y a cinq ans, le slogan des socialistes français lors des européennes de 2005 claquait au vent au moins autant qu’il était démagogique (« Europe sociale »). Je me doute bien qu’il sera difficile de motiver les partis « européistes » sur le seul slogan « Europe fédérale ». Mais je voterai bien volontiers pour le parti qui proposera une Constituante. (A tous ceux-là, je dis : « A bon entendeur, salut ! »).

    Si nos Eurodéputés ne sont décidément pas foutus de se prononcer sur un sujet comme celui-là (cruel manque d’imagination...) (ou de courage politique ?!), ça ne m’encouragera certes pas à aller voter...

    En conclusion : j’ai le sentiment qu’il y a aujourd’hui (à l’égard de nos partis politiques) des grands coups de pied au cul qui se perdent (et pas seulement des petites tapes amicales à propos du mode de désignation d’un président de la commission dont je soupçonnes bien certains - voire nombre - d’entre eux de se foutre comme de leur premier mandat de conseiller général...).

    Et si vous manquez d’un volontaire pour ce faire, je suis partant !

  • Le 7 octobre 2008 à 16:12, par Fabien Cazenave En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    C’est bien ce que je dis Ronan : le programme qui va intéresser les électeurs, ce ne sera pas nous qui allons le décider. On pourra juste mettre en lumière telle ou telle partie.

    La campagne sur la présidence de la Commission et le programme commun, c’est du lobbying pour que nos partis comprennent quelles armes utilisées pour séduire les électeurs.

  • Le 7 octobre 2008 à 16:18, par Ronan En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Ben justement, cette histoire de présidence de la Commission, ça peut à la rigueur séduire des étudiants en droit, des passionnés de politique et/ou des férus d’Europe... mais certainement pas l’immense majorité des citoyens lambda.

    Si les partis se contentent vraiment de ce seul objectif (que je n’ose pas même oser appeler « minimaliste »...), on est mal : très mal. Et l’Europe avec.

  • Le 7 octobre 2008 à 17:05, par Fabien Cazenave En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Encore une fois : il ne s’agit pas d’un programme politique...

    Mais si les partis présentent clairement un candidat au poste de président et un programme commun, on aura les bases pour construire un espace public européen à l’occasion de cette élection.

    Donc, il s’agit d’une campagne de lobbying...

  • Le 7 octobre 2008 à 18:06, par Ronan En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Quitte à faire du lobbying (ou à donner des coups de pieds où je pense...), on pourrait peut-être plutôt prendre des thèmes susceptibles d’intéresser davantage l’opinion, non ?!

    (Ipso facto, le président de la Commission est - déjà, dans les faits - membre de la majorité parlementaire : sinon, on aurait eu Verhovstadt, non ?! Du coup on fait campagne sur un truc qui, sans être officiel, est pourtant déjà force de loi dans le monde réel. Me trompes-je ?!).

  • Le 7 octobre 2008 à 18:17, par Fabien Cazenave En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Tu te trompes, il n’y a qu’à voir les Sarko et Berlusconi qui annoncent qu’ils soutiendront Barroso, qui serait ipso facto leur candidat...

    Pour ce qui est d’une campagne plus générale, la JEF Europe proposera quelque chose en fin d’année. Là, cette campagne est dirigée d’abord vers les acteurs du changement... tout en informant les citoyens sur l’enjeu de cette thématique.

    Parce que tant qu’on aura la somme de 27 débats nationaux, tu n’auras pas de débats transversaux qui s’installeront et intéresseraient les citoyens...

  • Le 7 octobre 2008 à 18:28, par Ronan En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Sarko et Berlusconi nous annoncent donc que Barroso sera la tête de Liste « officieuse » du PPE pour les prochaines élections générales... (j’espère qu’ils se sont sont mis d’accord avec leurs petis camarades, sinon ça nous prépares un joli pataquès...).

    La JEF-Europe nous prépare quelque chose pour la fin de l’année ?! A la bonne heure ! Mes amitiés à tous ces gens là. Au passage, vous trouverez sans doute le temps de leur glisser que ça urge...

    Ce n’est pas parce que les partis nationaux se mettent d’accord entre eux sur qui d’entre eux sera le futur président de la Commission (en cas de victoire) qu’on aura nécessairement un débat transnational... pour cela, il faudrait surtout un thème transnational (or, celui-là, je ne suis pas persuadé que s’en soit vraiment un...).

    Non pas qu’elle ne soit pas sympathique, la petite campagne... Mais la politique des petits pas - à ce rythme là - en 2568, on y est encore... Si vous bousculiez un petit peu les Eurodéputés, ça arrangerait tout le monde.

  • Le 7 octobre 2008 à 18:51, par Fabien Cazenave En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Super... « y a qu’à / faut qu’on »

    Va plus loin que le simple « ce qui va intéresser les gens ». Si les partis politiques européens présentent un candidat et qu’ils l’imposent, ce serait une petite révolution communautaire. Si cette campagne regroupe plusieurs organisations fédéralistes, c’est peut-être qu’il y a un intérêt derrière, non ? Ah merde, les Leinen, Onesta et consorts ne sont vraiment pas au fait de la réalité de la campagne européenne... Heureusement que tu es là. Si cette campagne aboutit, on aura un formidable levier dans les institutions communautaires pour donner plus de poids au Parlement européen.

    Par ailleurs, Sarko et Berlusconi nous ont dit non pas que Barroso serait le candidat du PPE mais « leur » candidat. Donc en gros que les parlementaires peuvent s’asseoir sur leur volonté d’imposer un candidat.

    Alors bien sûr, ce n’est pas la constituante dont tu rêves, mais dans la réalité européenne, cela fera avancer clairement le schmilblick (surtout avec un Traité de Lisbonne bien refroidi).

  • Le 8 octobre 2008 à 08:03, par valery En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    « on ne tombe pas amoureux non plus d’une stricte et solitaire modalité institutionnelle (de plus) de désignation d’un chef de l’exécutif »

    Pourtant en France ce sujet semble être le seul - malheureusement - qui intéresse la presse et certainement une grande partie du public. Un message, des idées, doivent pouvoir être portées par une personne pour être audibles. L’essentiel du public n’a pas assez d’intérêt pour la politique pour s’intéresser à un aspect moins superficiel du débat.

  • Le 8 octobre 2008 à 08:06, par valery En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    « sinon, on aurait eu Verhovstadt, non ?! » : tu sais bien que ce n’était qu’un prétexte - en réalité c’est un veto britannique, Guy Verhovstadt étant fédéraliste, qui a empêcheé sa nomination. A la place le Conseil a voulu nommer quelqu’un qui ne lui apporterait pas la contradiction (à part bien sur quand on fait la bêtise d’écrire publiquement une lettre pour donner des instructions comme Sarkozy).

  • Le 8 octobre 2008 à 08:50, par Ronan En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    C’est « rigolo », mais cette conversation me rappelle celle qu’on a pu avoir à propos du Traité de Lisbonne juste avant le référendum irlandais de juin dernier. L’un d’entre nous disait alors que l’on allait dans le mur. D’autres estimaient qu’il fallait être « raisonnables » et « aller par étapes » pourvu que cela fasse « avancer le schmilblick » dans la « bonne direction ». Brillante réussite. Il n’y a donc plus qu’à prier pour que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets.

    Dans la vie, on n’obtient vraiment que ce que l’on demande vraiment et parfois - souvent - il faut gueuler pour l’avoir). Les eurodéputés sont englués dans leurs combines d’appareils (d’ailleurs c’est un peu ce que dit Bourlanges depuis sa démission...) (pouisqu’il a démissionné, non ?!). Et ce n’est certainement pas de là que viendra la lumière. Quant aux chefs d’Etats et de gouvernement, il ne s’agit pas là d’une assemblée de philanthropes bienfaiteurs de l’humanité (et on n’a jamais vu les dindes préparer efficacement le repas de Noël...).

    Mais là encore, la Constituante, le meilleur moyen de ne pas l’avoir, c’est encore de ne surtout pas la demander... Et si le Taurillon n’est pas là pour revendiquer et secouer tout ce beau monde je ne vois pas vraiment à quoi il sert. Sinon, en 2678, on y sera encore...

  • Le 8 octobre 2008 à 09:33, par Fabien Cazenave En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Pfffffffffffff............

    Ronan, on a écrit des articles dessus aussi non ? On continuera d’ailleurs. Si c’est si évident, lance ton mouvement et porte ce projet qui va rayonner partout tellement il emporte la foule.

    Par contre, la campagne Who is your candidate permet de poser la question de l’espace public européen, un des éléments centraux pour construire l’Europe dont nous rêvons.

    Alors est-ce qu’on arrête de militer pour l’Europe fédérale en attendant ? Pas du tout.

  • Le 8 octobre 2008 à 14:02, par NingúnOtro En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Pas besoin que j’argumente par ici, je vois...

  • Le 8 octobre 2008 à 14:08, par Fabien Cazenave En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Je ne suis vraiment sûr que Ronan ait les mêmes objectifs que vous cependant.... La capacité à débattre devrait vous plaire pourtant.

  • Le 8 octobre 2008 à 20:00, par Ronan En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Suis persuadé qu’il sera toujours plus facile d’intéresser le public sur un projet global que sur une seule modif d’alinéa, perdue dans un dispositif déjà complexe.

    D’ailleurs, qui sait exactement dans le grand public ce qu’est le président de la Commission et à quoi il sert ?! C’est vous dire si le système mérite d’une refonte en bloc...

    Mais maintenant - ce qui est parfaitement sûr - c’est que si c’est Barroso, le candidat du PPE pour occuper le poste, alors c’est bien évidemment très clair : je ne voterai certainement pas PPE...

  • Le 8 octobre 2008 à 20:19, par Ronan En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Si c’est si évident, lance ton mouvement et porte ce projet qui va rayonner partout tellement il emporte la foule.

    On va essayer de rester sérieux deux minutes...

    Moi, ce qui me ferait ch... ; ce serait surtout de voir les « européens » se planter dans les grandes largeurs en 2009 comme ils se sont planté dans les grandes largeurs en 2007 avec le TCE (et en 2005 avec Lisbonne) : avec, çà chaque fois, un projet mal formaté pour l’opinion publique.

    Pourtant, d’après ce que je vois dans mon entourage, il me semble voir plus de gens rejetant l’actuelle Europe parce qu’elle lambine, tergiverse, tournicote, glandouille et - au final - manque d’ambition... que de vrais nationalistes pur jus qui trouvent qu’elle va décidément trop vite et beaucoup trop loin (et qu’il faut absolument freiner son « développement » des quatre fers...) et prêchent allégrement un retour véruitable au XIXe siècle des Nations en guerre. Si ces derniers existent effectivement aussi, j’en vois tout de même moins souvent.

    Ce que je redoute, c’est que - sauf miracle au prochain Conseil européen (je n’y crois pas une minute...) ou coup de théatre aux prochains Congrès de nos partis politiques (je n’y crois pas une seconde...) - on va encore avoir une campagne électorale merdique et sans soufle, couronnée par une abstention massive (allez : chez nous au moins un tiers des électeurs n’iront pas voter : comme d’habitude...), avec une grosse poussée eurosceptique et - au final - des Eurodéputés mal élus ne pouvant pas mener la moindre initiative politique sérieuse pendant les cinq ans à venir. Et ce sera alors reparti pour le ronron habituel et une législature poussive de plus, tout juste bonne à gérer les affaires courantes avec quelques éphémères coups d’éclat par-ci, par-là...

    Et on va encore se retrouver avec une opinion publique eurodésabusée qui se jetera avec délices dans les bras du premier démagogue venu. L’opinion dominante actuelle sur l’UE est que l’Europe n’est pas assez belle pour qu’on lui élève une statue mais pas assez nulle pour qu’on l’abatte comme un chien. Charmantes perspectives...

  • Le 9 octobre 2008 à 13:03, par NingúnOtro En réponse à : Jean-Louis Bourlanges : « les élections européennes n’auront d’européennes que le nom »

    Même si vous n’arrivez pas à m’analiser de façon à savoir ce que je prétend, Ronan... vous n’êtes pas si loin de la plaque avec vos spéculations. Je ne me suis pas du tout trompé quand j’ai dit que je n’avais pas besoin d’argumenter par ici.

    Même si vous ne me faites pas confiance, je peu vous dire que je partage presque tous les arguments que vous avez utilisés pour critiquer la position des élites politiques, et en quelque sorte de la JEF, et que je suis même d’accord avec les solutions que vous avancez... inutile donc d’être répétitif (et de monopoliser les interventions, faudrait que d’autres gens opinent aussi de temps en temps... JEF semble être un petit club d’amis assez restreints, ou très timides !).

    Vous me faites assidument un procès d’intentions, ou au moins vous croyez avoir droit à me supposer des intentions... sans aucune base, sur des préjugés. Il n’y à pas de remède télématique pour une telle maladie... vous devrez vous guerir vous-mêmes. Pour ce qui est du cancer démocratique que constitue la Commission et ses annexes, ainsi comme les règles du jeu qu’ils voudraient bien nous imposer... rendez-vous en juin 2009, si on n’arrive pas à se parler serieusement plus tôt.

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