Élisabeth Morin-Chartier et les élections européennes de 2009

Interview de la députée européenne (PPE-DE)

, par Fabien Cazenave

Élisabeth Morin-Chartier et les élections européennes de 2009

Le Taurillon a interviewé Élisabeth Morin-Chartier, députée européenne de la circonscription Ouest. Elle est favorable à ce que les partis européens annoncent à l’avance quel serait leur candidat au poste de Président de la Commission européenne pour les élections européennes de 2009.

Le Taurillon : Qu’est ce que votre expérience de Députée européenne vous a apportée ?

Élisabeth Morin-Chartier : Ma formation d’historienne particulièrement intéressée par la démocratie, m’a toujours orientée vers des analyses politiques, économiques, sociales et culturelles au niveau européen. Un de mes premiers livres a été « Les partis politiques à l’époque de Jules César ».

Mon engagement politique m’a amenée à exercer mes fonctions en relations toujours étroites avec le niveau européen : lorsque j’étais Présidente de la région Poitou-Charentes, j’ai parallèlement exercé les fonctions de Vice-présidente de la Conférence des Régions périphériques maritimes d’Europe. Lorsque j’ai siégé au Conseil Économique et Social de la République Française, j’étais Vice-présidente de la délégation Europe. Devenue Députée au Parlement européen, j’apprécie de pouvoir agir toujours dans une vision européenne des problèmes traités : c’est l’ouverture aux autres, la compréhension des logiques des autres États membres, la vision des perspectives européennes et la modestie devant la construction historique de l’Europe, qui me poussent à agir. Le travail au Parlement européen conduit les eurodéputés à exprimer leurs convictions, respecter celle des autres, construire le consensus, tisser des compromis pour faire avancer l’Europe. Et aujourd’hui, je crois fermement que toute réussite nationale passe par la réussite de l’Europe.

Le Taurillon : Est-il facile pour vous d’être proche de citoyens de votre circonscription ?

La circonscription Ouest dont je suis Députée correspond à trois régions et treize départements

Élisabeth Morin-Chartier : Le Député européen doit faire face à un double paradoxe : travailler au niveau du Parlement européen mais être proche des citoyens qui l’élisent. Or, les circonscriptions électorales sont immenses. La circonscription Ouest dont je suis Députée correspond à trois régions (Bretagne, Pays de Loire, Poitou-Charentes) et compte treize départements. C’est un territoire immense pour entretenir une relation de proximité avec les citoyens, mais c’est une eurorégion qui a une vraie logique à l’échelle européenne.

C’est à nous, Députés, de trouver les moyens de communiquer sur notre action : une lettre régulière aux décideurs, « Cœur d’Europe », un site internet, et les nouvelles technologies en général sont un excellent relais. Mais cela n’exclut pas un vrai travail de terrain sur les dossiers soutenus par l’Europe et sur les grands problèmes d’actualité de l’Europe (la révision de la Politique Agricole Commune, les épidémies ovines par exemple, l’évolution de l’Europe sociale ...). Nous abordons tous ces sujets et bien d’autres encore lors de nos rencontres, cafés politiques, débats, sur l’ensemble de notre circonscription et à travers les médias.

Le Taurillon : Que pensez-vous de l’idée selon laquelle les partis européens présentent un programme réellement européen ?

Élisabeth Morin-Chartier : La Députée européenne que je suis a depuis longtemps l’habitude de penser politique européenne plutôt que compilation de vingt-sept politiques nationales. Et donc mon engagement politique me porte sur la volonté d’un programme européen. Mais cela n’exclut pas que pour faire partager ce programme par nos concitoyens au niveau de chaque Nation, il nous faille passer par des exemples nationaux.

Le Taurillon : Ne faut-il pas que les partis européens présentent un candidat au poste de Président de la commission européenne pour que celui-ci tire sa légitimité des citoyens ?

Élisabeth Morin-Chartier : C’est tout l’avantage du traité de Lisbonne ! Toutefois, même si le traité de Lisbonne n’était pas applicable l’année prochaine, au moment des élections européennes de juin 2009, même dans le cadre du traité actuel, chaque parti politique européen pourrait s’organiser pour annoncer à l’avance quel serait son candidat, ou sa candidate, pour présider la Commission européenne dans l’hypothèse où il gagnerait les élections. Dans le traité actuel, le président de la Commission est nommé par les gouvernements, mais il faut un vote de confirmation au Parlement. Et si la majorité parlementaire annonce à l’avance qu’elle rejettera tout candidat autre que le sien, nous aurons mis en place un début de régime parlementaire. 

si la majorité parlementaire annonce à l’avance qu’elle rejettera tout candidat autre que le sien, nous aurons mis en place un début de régime parlementaire

Et les grands médias seraient conduits, pendant la campagne électorale, à inviter les leaders des grands partis politiques européens pour des débats ou des face-à-face qui, jusqu’à présent, n’ont jamais eu lieu. Ainsi, nous pourrions avoir un président de la Commission qui serait en fait, à travers le Parlement, élu par les 500 millions de citoyens européens. C’est une affaire de volonté politique pour les grands partis politiques européens : le PPE pour le centre droit, les socialistes européens, les libéraux démocrates et les Verts. 

Passeport européenLe Taurillon : Pourriez-vous nous parler de votre passeport européen ?

Élisabeth Morin-Chartier : Je suis très fière de mon passeport européen et ne manque pas de l’utiliser chaque fois que l’on me demande mes papiers, ne serait-ce que pour habituer les uns et les autres à admettre que le passeport européen est un vrai papier d’identité européenne. Et je peux vous dire que tout le monde n’en a pas vu un !

Mais c’est un vrai passeport valable dans tous les pays de l’Union européenne. Et moi, je considère que c’est mon passeport de citoyenne européenne.

Le Taurillon est partenaire de la campagne Who Is Your Candidate ? :
- Le président de la Commission européenne ne doit plus être nommé dans le huis clos du Conseil européen.
- Au contraire, le Président de la Commission européenne doit être désigné par le Parlement européen, c’est-à-dire les représentants des citoyens, comme le suggèrent les articles 9A et 9D du Traité de Lisbonne.
- En conséquence, les partis politiques représentés au Parlement européen doivent, suffisamment tôt avant les élections européennes de 2009, répondre à la question : Quel sera votre candidat à la présidence de la Commission ?

Pour signer la pétition : ici.

Illustration :
- photographie d’Élisabeth Morin-Chartier issue de son site. Celle-ci a été prise lors des Journées Civiques Européennes à La Rochelle début septembre.
- photographies du passeport européen dont parle Élisabeth Morin-Chartier, réalisées par Fabien Cazenave lors des Journées Civiques Européennes.

Le Taurillon remercie Sébastien Richard pour sa collaboration dans la préparation de cette interview.

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