Après Lampedusa, quelles solutions au problème migratoire en Europe ?

, par Léonard de Chaisemartin

Après Lampedusa, quelles solutions au problème migratoire en Europe ?
Immigrés à Lampedusa Photo de SiciliaToday

Le conseil européen du 24, 25 octobre a, plus que d’économie numérique comme cela était au départ prévu, finalement beaucoup parler d’immigration.

Le naufrage d’une embarcation en provenance d’Erythrée, survenu au large de l’île de Lampedusa il y a deux semaines, causant la mort de 366 personnes, sonne comme le rappel des difficultés grandissantes pour certains Etats à gérer les flux migratoires. En l’occurrence, Malte et l’Italie. On peut identifier une triple-incapacité : à anticiper les arrivées de migrants, à secourir ces derniers si nécessaire, enfin à les accueillir dans des conditions décentes. D’après Libération , ce naufrage est également un « naufrage pour l’Europe ». Les réactions, à commencer par celle du président du conseil italien Enrico Letta, ont en effet pointé diverses défaillances graves.

l’Inefficacité de la politique migratoire actuelle

Tout d’abord la majeure partie de la gestion des flux migratoires est laissée à des Etats qui n’en n’ont pas les moyens. La règle « Dublin II », qui date de 2003, pose qu’un seul État membre est responsable de l’examen d’une demande d’asile. Généralement, il s’agit de l’Etat dans lequel le migrant est arrivé. L’objectif est d’éviter que les demandeurs d’asile soient renvoyés d’un pays à l’autre mais également d’éviter l’abus du système par la présentation de plusieurs demandes d’asile par une seule personne. Mais cela engendre une forte inégalité entre les Etats, l’immigration clandestine se concentrant principalement sur quelques Etats du Sud de l’Europe (l’Espagne, la Grèce, Malte et l’Italie), ceux-là même qui mènent actuellement les politiques d’austérité les plus drastiques. Dès lors les moyens mis-en-œuvre ne sont pas au rendez-vous de l’ampleur du problème, et les drames tels que celui de Lampedusa ne sont pas prêts d’arrêter de se produire.

Ce, d’autant plus que les politiques communautaires ne sont pas non plus à la hauteur. Les budget de l’agence Frontex, chargée de faire appliquer les règlements communautaires en matière d’immigration et d’appuyer les Etats-membres dans leurs efforts, ont été réduits d’un quart (passant d’environ 120 à 80 millions d’euros) ces deux dernières années. La création d’un nouveau système, baptisé Eurosur, a certes été avalisée par le Parlement européen : celui-ci devrait entrer en vigueur en décembre. Mais d’après nombre d’observateurs, si les moyens consacrés au « refoulement » des migrants devraient effectivement être renforcés, rien n’est changé concernant les opérations de secours de ces derniers.

Une nécessaire solidarité européenne

Le cœur du problème paraît donc être celui de la solidarité des Etats membres. A court terme, il semble en effet être de l’intérêt de nombre d’États du Nord, qui n’ont pas de frontières avec la Méditerranée, de maintenir la règle Dublin II d’une part, et d’autre part de ne pas augmenter les moyens communautaires de prise en charge de l’immigration clandestine. Pourtant, l’émotion de l’ensemble des opinions publiques européennes devant les drames récents ne peut qu’interpeller leurs représentants, et les pousser à se saisir plus sérieusement du problème.

Surtout, sans même mettre en avant l’idée d’équité entre les Etats et d’une plus juste répartition des tâches, il suffit de voir que les intérêts propres de chaque pays sont en réalité touchés. Il en va en effet de l’image extérieure de l’Europe ; et les conditions de circulation à l’intérieur de l’espace européen sont telles que chaque pays est concerné par l’immigration clandestine, même si les migrants ne sont pas arrivés chez soi en premier. Les politiques de coopération à mener avec les pays d’origine seront bien plus efficaces si elles sont menées collectivement : les 28, suite notamment à l’insistance de pays du Nord, sont d’ailleurs tous membres de l’Union pour la Méditerranée.

La sécurité des frontières est une prérogative historique des Etats, et il peut se comprendre que la mise en place d’une coopération communautaire dans ce domaine soit difficile ; cependant face à l’urgence humanitaire, l’heure est au pragmatisme : les Etats ne pouvant manifestement assumer seuls cette urgence, la solidarité européenne doit parler.

Vos commentaires

  • Le 2 octobre 2014 à 19:03, par SANTORO En réponse à : Après Lampedusa, quelles solutions au problème migratoire en Europe ?

    Bonjour,je me permets de réagir à ce sujet comme une citoyenne européenne née en Afrique. Je pense pour ma part que la solidarité européenne seule ne peut suffire à venir à bout du problème migratoire aux portes de l’Europe. Je pense que les dirigeants africains doivent être conduits à prendre leurs responsabilités vis-à-vis des fonctions qui leur sont propres. A cet effet,j’ai écrit un papier pour la commission européenne où je serai le 6 Novembre prochain pour la conférence sur les « défis européens ». Merci pour votre disponibilité,souhaitant une belle collaboration dynamique pour trouver ensemble des solutions plus viables. Bravo à l’UE pour tout ce qu’elle fait et entreprend dans les relations Europe-Afrique. A bientôt, Béatrice Santoro

  • Le 25 avril 2015 à 17:53, par Mr : CHENINI Mekki Aflou.dz En réponse à : Après Lampedusa, quelles solutions au problème migratoire en Europe ?

    Monsieur : CHENINI Mekki AFLOU.dz (w) De Laghouat Algérie . Email : cheninimek57 chez gmail.com

    Bonsoir , Mmes & Mrs L’objectif idéal c’est de participer , peut importe celui qui a envoyé . Une table ronde dressée pour analyser une situation très épineuse qui prend de l’ampleur du jour au lendemain . J’exerce au sein de l’hôpital d’Aflou ( Algérie ) , voila des décennies à cela . Je ne peut rester les bras croisés alors que j’ai des idées à partager avec vous et les autres. Toute en lisant , navigant et cherchant dans tout les domaines , le monde est en plein changement radical . Un changement des quatre coins du monde , peut importe la personne , race ou religion ( tous des êtres humains ) ! Enfin , il y a plusieurs axes dans le domaine de l’immigration clandestine : ( PLAN DE LUTTE CONTRE L’IMMIGRATION CLANDESTINE ET LA TRAITE DES ETRES HUMAINS ) 1- PROBLEMATIQUE DE LA SITUATION 2- AMPLEUR DU PHENOMENE 3- ENGAGEMENT INTERNATIONAUX ET DROITS DES HUAMINS 4- RELATIONS AVEC LES PAYS TIERCES 5- POLITIQUE EN MATIERE DE VISA 6- ECHANGE ET ANALYSE D’INFORMATION 7- MESURES EN AMONT DU FRANCHISSEMENT DES FRONTIERES 8- POLITIQUE DE READMISSION ET DE REPARTRIEMENT 9- EUROPOL 10- SANCTIONS CLE DE VOUTE DE LA PROBLEMATIQUE ( TRAFIC , TRAITE ILLEGAL , EMPLOI , RESPONSABILITE DU TRANSPORTEUR , IMMIGRATION CLANDESTINE ) 11- LES DECES

    MON CONCEPT A MOI MEME : C’est la création de réseaux au niveau des pays producteurs de l’immigration clandestine ( la source ) C’est à dire , une entreprise ne peut actionner sans toute fois avoir un crédit alloué par l’état ? L’immigration clandestine est une machine ambulante de part la planète terre . UN POLE FINANCIER , Mmes & Mrs , c’est Mon Propre Concept . Vous me dites comment le Financer ? Je vous répond que tous les pays doivent coopérer , même les employés . Un EURO par personne et par mois , les entreprises publique et privés doivent participer . Un pole financier en Guinée par exemple ( un centre administratif qui reçoit et traite la situation sur place ) . Ces gens , ces êtres humains fuient un danger remarquable ( le chômage , la famine , la guerre ) . Ils sont à la recherche d’un emploi outre mer , c’est l’appât , c’est la mort qui les guettent à tout moment ? Un pole , un centre d’accueil subventionné par les états , les entreprises publiques , privés , firmes et autres . Vous dressez un programme pour sauver des vies humaines alors que la situation s’empire de plus en plus ? C’est des pays pauvres qui déversent ces gens de partout , les caisses sont vides , des gens affamés et malades ? Dresser une cellule de crise humanitaire dans l’immédiat s’avère très indispensable , vital ? BONSOIR .

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