C’est un exercice audacieux que de dresser le bilan d’un texte qui fête à peine ses vingt-cinq ans. Pourtant, ce bilan s’impose, à l’heure où les droits humains s’effritent, vacillent et semblent s’éroder un peu plus chaque jour. La guerre est de retour sur le continent européen, l’essor des nouvelles technologies oblige à repenser la protection des droits humains en ligne, l’Union européenne (UE) reste divisée sur les enjeux environnementaux — comme en témoigne sa désunion lors de la COP30 à Belém — et l’agence européenne Frontex est accusée de violations des droits humains depuis février 2025, une plainte historique actuellement examinée par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Il est donc tout à fait légitime de s’interroger sur les apports de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (la Charte) aux citoyens du Vieux Continent. Proclamée le 7 décembre 2000 à Nice, dotée d’une force juridique identique à celle des traités européens depuis 2009, la Charte est-elle parvenue à remplir son mandat de « texte englobant l’ensemble des droits des citoyens européens » ? Que faire du constat que, selon l’Eurobaromètre de la Commission européenne, seuls 62 % des citoyens européens déclaraient connaître l’existence de la Charte en 2024 ?
dimanche 7 décembre 2025