Culture & Histoire

Un quart de siècle de Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne : quel bilan ?

C’est un exercice audacieux que de dresser le bilan d’un texte qui fête à peine ses vingt-cinq ans. Pourtant, ce bilan s’impose, à l’heure où les droits humains s’effritent, vacillent et semblent s’éroder un peu plus chaque jour. La guerre est de retour sur le continent européen, l’essor des nouvelles technologies oblige à repenser la protection des droits humains en ligne, l’Union européenne (UE) reste divisée sur les enjeux environnementaux — comme en témoigne sa désunion lors de la COP30 à Belém — et l’agence européenne Frontex est accusée de violations des droits humains depuis février 2025, une plainte historique actuellement examinée par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Il est donc tout à fait légitime de s’interroger sur les apports de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (la Charte) aux citoyens du Vieux Continent. Proclamée le 7 décembre 2000 à Nice, dotée d’une force juridique identique à celle des traités européens depuis 2009, la Charte est-elle parvenue à remplir son mandat de « texte englobant l’ensemble des droits des citoyens européens » ? Que faire du constat que, selon l’Eurobaromètre de la Commission européenne, seuls 62 % des citoyens européens déclaraient connaître l’existence de la Charte en 2024 ?

dimanche 7 décembre 2025

Le 36ᵉ anniversaire de la Révolution de Velours : retour sur un héritage artistique face aux violations des droits humains

En novembre 1989, il y a eu Berlin, mais aussi Prague et Bratislava. Il y a eu la chute du Rideau de fer, mais aussi celle du régime communiste tchécoslovaque. Il y a trente-six ans, du 16 novembre au 29 décembre 1989, les Tchécoslovaques se rassemblaient en masse dans les rues du pays pour mener une révolution pacifique que l’histoire retiendra comme la « révolution de velours » en tchèque et la « révolution douce » en slovaque, deux expressions jumelles d’un même héritage de courage et d’espoir. Ce qui a commencé le soir du 16 novembre par une chaîne humaine d’étudiants slovaques à Bratislava s’est transformé, dès le lendemain, en un mouvement national marqué par une effervescence artistique inédite. Dès lors, les cortèges ne cessèrent de s’élargir, ralliant un public de plus en plus hétéroclite, des artistes aux syndicats ouvriers, jusqu’à réunir près de 800 000 personnes sur la plaine Letná à Prague. Cependant, s’il y a eu la ferveur, il y a aussi eu la répression : les régiments d’urgence du SNB (Corps national de sécurité) et les membres des Bérets rouges (unité antiterroriste du ministère de l’Intérieur) s’en sont pris aux manifestants à coups de matraque, blessant plus de 500 personnes et procédant à plus de 800 arrestations. Alors que les grandes figures de l’automne 1989 nous quittent peu à peu et que le gouvernement slovaque faiblit dans son devoir de mémoire (le 17 novembre ne sera plus un jour férié à partir de cette année), il est plus que jamais impératif de se souvenir des violations des droits humains commises sous le régime communiste tchécoslovaque, notamment en reconnaissant à sa juste valeur le rôle de l’art dans leur dénonciation. Car, comme je m’efforce de le montrer tout au long de cet article, l’art a été la forme d’expression privilégiée de cette révolution, un langage de résistance dont l’héritage est toujours vivant.

lundi 17 novembre 2025

Pages :