Un Tour pour la dignité

Chapitre V : La Tchéquie

, par Garance Foglizzo

Un Tour pour la dignité

Prague

À Prague, la chaleur était pesante. C’était la première ville dépaysante : je ne reconnaissais ni les enseignes ni la langue et les rues pavées étaient bondées de touristes. C’est également la première ville où le cyclisme y est difficile, car le tram, les voitures et les vélos empruntent tous les mêmes routes étroites.

Prague sous un soleil d’août

La Tchéquie accueille très peu de demandeurs d’asile (moins de 2000 en 2022), mais elle a accueilli 432 000 déplacés d’Ukraines (Eurostat). La communauté ukrainienne est la plus importante, suivie des communautés slovaque et vietnamienne.

J’ai rencontré l’association Amiga (autour d’une bière !) pour discuter des obstacles à l’accès aux soins psychologiques auxquels les Ukrainiens sont confrontés. Les centres d’hébergement concentrent un grand nombre de personnes avec des problèmes psychiques, les mineurs ne sont pas assurés par le régime d’assurance maladie gouvernemental, certains handicaps reconnus en Ukraine ne le sont pas en Tchéquie ou encore les médecins acceptent difficilement de nouveaux patients. Beaucoup d’Ukrainiens rentrent d’ailleurs en Ukraine pour accéder aux soins.

Rendez-vous avec Amiga

J’ai également visité un centre d’hébergement pour les déplacés d’Ukraine, qui manque de plus en plus de fonds. C’est la tendance générale en Europe : le début de la guerre en Ukraine a créé un élan de soutiens humains et financiers qui décroît depuis.

Enfin, j’ai rencontré le professeur J. Kovaŕ, qui étudie les cadres dans lesquels les migrants sont évoqués dans les médias en Tchéquie et en Slovaquie. Il m’eplique qu’uniquement 25% des intervenants qui parlent de ce thème sont issus de la migration. En outre, les cadres dans lesquels les exilés sont évoqués sont majoritairement négatifs : d’ordre sécuritaire, cutlurel ou économique et, à très moindre mesure, d’ordre humanitaire. Lorsque la religion ou l’oigine précise du migrant est évoqué, il est 500 fois plus probable que le discours soit négatif. Si la religion islamique du migrant est évoqué, le discours sera automatiquement défavorable. La cause ? Le ‘racisme culturel’.

Brno

Trois jours plus tard, je prenais le train pour Brno, deuxième ville de Tchéquie et jumelle de Rennes. J’y étais particulièrement bien accueillie. Une fille rencontrée sur un groupe Facebook pour les femmes voyageant seules m’a laissé les clefs de son appartement et Aneta d’Europedirect avait organisé des rencontres associatives et une visite du centre d’accueil de Brno.

Définitivement arrivée à Brno !

L’accueil n’est toutefois pas le même pour tous. Yanina, une amie d’Aneta du Kazakhstan, devenue experte des services de visas, débordait d’anecdotes d’agents du service immigration qui refusent de parler anglais, de restaurants qui ne servent pas les personnes noires (en toute illégalité) ou encore de médecins qui refusent de prendre en charge des patients étrangers.

Les Tchèques que j’ai rencontrés ont toutefois mis en avant le fait que les Vietnamiens étaient bien intégrés. En discutant d’intégration, une réprésentante de Caritas Brno me demande de définir ce terme. Spontanément, je n’ai pas su, et cela ma intrigué. On évoque régulièrement le système d’intégration, notamment l’échec de ce système en France. Mais comment identifie-t-on une personne “intégrée” ? Qu’est qui différencie un étranger “intégré” d’un étranger “non-intégré” ? En voilà une question à poser pour la suite de mon voyage.

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