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Quel rôle pour la musique européenne ?

, par Faustine Gauthier, Vladimir Pecheu

Du Fado portugais, un chant mélancolique accompagné d’instruments à cordes pincées, aux airs festifs du Horo bulgare, en passant par la polka tchèque ou les mélodies envoutantes de la harpe celtique, une grande variété musicale s’étend en Europe. Il ne semble pas qu’il existe un dénominateur commun pour toutes ces diversités nationales, mais elles contribuent à la richesse globale du continent et sont autant d’invitations à voyager. Dans ce sens, le Conseil européen de la musique [1], qui défend l’expression musicale en Europe et stimule la création de réseaux entre ses membres, concluait en 2009 à la suite un programme de réflexion sur les échanges de traditions, que le folklore musicale européen vit justement grâce à l’échange.

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Historiquement, s’il est un style qui ait unifié l’Europe, c’est la musique classique. Jusqu’au début du XXème siècle, elle s’imposait dans les capitales européennes, et rapprochait des artistes qui s’efforçaient de se surpasser et de se distinguer tout en restant dans ce cadre d’excellence. L’Ode à la joie de Beethoven, hymne de l’Union européenne, est le symbole de cette tradition musicale qui fut créé sur le continent. Depuis un demi-siècle, sous l’impulsion de la mondialisation et des nouvelles technologies, les Européens ont été amenés à partager les mêmes gouts musicaux.

Cependant même si cette culture commune est héritée en grande partie du monde anglo-saxon, les européens ont su faire ressortir leurs particularités dans les styles contemporains. Des groupes allemands comme Can, Neu ! ouKraftwerk (littéralement« centrale électrique ») sont connus pour avoir beaucoup influencé la musique électronique et le rock industriel. Berlin aujourd’hui est une capitale dont les soirées électro attirent des jeunes de tous les pays. Peter Asplund, un des trompettistes les plus renommés de Suède explique la sonorité si particulière et célébrée du jazz suédois par l’influence de l’âme et du tempérament scandinaves. Le métal des pays nordiques est aussi reconnaissable des amateurs du style par ses couleurs lyriques prononcées.

Aujourd’hui, lorsque vous voyagez en Europe, dans toutes les grandes villes du continent vous retrouvez des scènes musicales dynamiques dont la familiarité vous permet de partager facilement des expériences avec les habitants locaux, qui en retour sont fiers de vous faire découvrir leurs artistes préférés. Et lorsque vous discutez avec eux, ces jeunes musiciens aspirant à se faire connaitre affichent beaucoup d’enthousiasme à l’idée de se produire au delà de leurs frontières.

Malheureusement, les structures ne sont pas encore assez développées, même si des signes d’évolution sont là, comme par exemple les soirées parisiennes organisées cette année par le Grand Rex à l’honneur des artistes électro du label allemand Raster Noton.

La Commission européenne soutient également les artistes européens en organisant les European Border Breakers Awards, qui distinguent des musiciens bénéficiant d’une popularité dans leur pays d’origine mais cherchant à toucher un public plus large. Les artistes primés, comme la française Zaz ont pu s’engager dans des tournées sur l’ensemble du continent. Caro Emerald chanteuse néerlandaise influencée parles rythmes espagnols et distinguée cette année se reconnait quant à elle, comme une véritable artiste européenne.

La musique dans l’Europe de nos jours apparait comme un puissant outil de cohésion et d’union. Les accords de Schengen qui ont instauré la libre circulation des européens, et l’euro, monnaie unique lancée par le traité de Maastricht, facilitent grandement aujourd’hui les déplacements. Les festivals qui fleurissent chaque année plus nombreux, permettent aux citoyens d’européens de découvrir les contrées voisines et de se connaitre en se retrouvant autour d’une même passion. Mais à une plus faible échelle il existe une grande marge pour développer des structures qui permettraient aux artistes européens de se produire sur l’ensemble du continent. L’Union européenne bénéficierait grandement de telles actions concrètes qui permettraient de développer le visage social du projet commun.

Le programme communautaire Culture

Le programme communautaire culture disposant d’un budget (2007-2013) de 400 millions d’euros consacré à des projets et des initiatives destinés à mettre à l’honneur la diversité culturelle de l’Europe et à améliorer son patrimoine culturel commun grâce au développement de la coopération transfrontalière entre les acteurs et les institutions du secteur culturel. Il participe au financement des événements liés aux Capitales culturelles européennes (Guimarães et Maribor en 2012).

Le droit de la propriété intellectuelle

Ce droit protège les droits des auteurs d’œuvres musicales, en leur conférant le droit exclusif d’autoriser ou d’interdire l’utilisation de leur création (avec des exceptions pour certains usages), et leur permettant d’assurer le respect de son intégrité. La Convention internationale de Berne de 1886 avait déjà fixé quelques règles communes mais l’Union européenne a harmonisé davantage les droits nationaux divisés entre le système continental des droits d’auteurs et celui anglo-saxon du copyright. Non seulement un auteur n’a pas besoin d’enregistrer son œuvre pour que son droit soit reconnu dans tous les pays de l’Union européenne, mais une durée de protection commune a été retenue.

En tant qu’œuvre collective et composite, les auteurs de la composition musicale, des paroles, et les interprètes et les producteurs de disques ont chacun un droit différent. Si les deux premiers ont un droit qui dure toute leur vie plus de 70 ans, le droit des derniers se limitaient à 50 ans jusqu’à ce qu’une directive de 2011, l’étende à 70 ans afin de permettre de rémunérer ces artistes pendant toute leur vie et d’aider les producteurs à s’adapter aux mutations du marché en générant des revenus complémentaires. Pour gérer tous ces droits individuels, des sociétés d’auteurs se sont créées, comme la SACEM en France. L’Union européenne a aussi mis à la charge des États membres d’adopter des sanctions en cas de contrefaçon des œuvres d’un auteur citoyen de l’Union sur leur territoire.

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