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Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

, par Grégoire Henning

Nicolas Dupont-Aignan (NDA) a récemment publié une vidéo promotionnelle pour son nouveau livre « L’arnaque du siècle », publié aux éditions du Rocher. En l’occurrence, l’arnaque en question serait une collusion de l’Union européenne, du Fond monétaire international et de l’Organisation mondiale du commerce, qui se seraient arrangés pour appauvrir les Européens sans que ceux-ci ne s’en rendent compte. Heureusement pour nous, NDA a découvert le pot-au-rose et nous dit tout.

Auteurs

  • Membre des Jeunes Européens Universités de Paris. Ancien étudiant à l’ENS de Cachan, doctorant en Physique nucléaire à l’Université Paris 11, guest-graduate au Laboratoire National d’Argonne (Chicago, Illinois, USA).

Or arnaque il y a, car le message de ce clip promotionnel est au mieux imprécis, voire même complètement incohérent.


L’arnaque du siècle 2 par dlrtv

D’abord, tout habitué des courses du samedi s’étonnera de la dextérité du président du mouvement "Debout la République" à atteindre un total rond de 100 (euros). J’ai beau y consacrer l’essentiel de mes capacités mathématiques, j’ai toujours des centimes qui traînent.

Mais passons sur ce détail et intéressons nous au message principal de ce clip, à savoir qu’« avec l’euro, tout est six fois plus cher », affirmation centrale du clip marquée dans la bande sonore par une huée. Puisque NDA prend la peine d’un chiffre précis (6), plutôt qu’une affirmation générale, nous pouvons supposer qu’il a fait des recherches précises pour arriver à ce "six fois". Sauf que six fois plus cher, cela représente une inflation de 500% sur dix ans, ce qui représente 19.6% d’inflation par an !

Quand on sait que la Banque centrale européenne (BCE) dont la principale mission est la stabilité des prix, fronce les sourcils dès que l’inflation dépasse les 2%, soit M. Trichet a lamentablement failli à sa mission, soit les chiffres de NDA sont très approximatifs.

Imaginez : même le pétrole, qui se vendait à environ $30 le baril à l’arrivée de l’euro, n’est monté "qu’à" $145 à son maximum durant l’été 2008, soit une hausse de seulement 380% (ou encore 4.8 fois plus cher). Puisque l’on parle de variations sur les marchés, on peut également noter que l’euro s’est renforcé par rapport à d’autre monnaies, notamment le dollar, ce qui rend nos importations moins chères – même si cela pénalise nos exportations, il faut le reconnaître.

Les variations du taux de change ont même tendance à réduire pour nous Européens les hausses du prix du pétrole. (lire également : L’euro de tous les maux ou les affabulations de Nicolas Dupont Aignan)

Mais alors d’où vient ce facteur six dont parle NDA ? Il semble que l’eurosceptique va chercher ce chiffre du côté du facteur de conversion euro/francs : rappelez-vous, 1€ vaut 6,55957 francs français. En confondant, dans son clip promotionnel, les euro avec les francs, NDA semble vouloir nous dire que les prix ont été maintenu en chiffre, mais pas en unité, que ce qui coûtait 100 francs il y a dix ans nécessite maintenant 100 euros pour l’acheter. Comme si ce qui coûtait 100 francs il y a dix ans nécessitait maintenant 100 euro à l’achat. C’est-à-dire, comme si l’euro n’était qu’une version dévaluée du franc, ce qui n’est pas le cas.

Au delà de cet incohérence mathématique, NDA nous propose un deuxième clip promotionnel :


L’arnaque du siècle 1 par dlrtv

La séquence d’ouverture où NDA entre dans le bureau de son banquier sans frappez à la porte manque un peu de réalisme (j’espère), mais laissons cela de coté pour nous concentrer sur la déclaration clef de ce clip (encore une fois marquée par un cri de protestation dans la bande son) : « Tout l’argent est partit pour sauver l’Euro et les banques ». Le message que veut faire passer cette vidéo est clair : NDA sous entend que ce sont nos économies qui ont été utilisées « pour sauver l’euro » — un concept assez vague, même si en y réfléchissants bien, sauver la monnaie que nous utilisons est plutôt un objectif louable.

À l’opposé de ce clip, la BCE (encore elle) a été attentive depuis le début de la crise à mettre des liquidités à disponibilité des banques pour qu’elles continuent à prêter de l’argent aux entreprises et aux individus.

Pour conclure, Nicolas Dupont-Aignan utilise une logique bien à lui pour former un message simpliste et qui sonne un peu faux. Certes, il s’agit juste d’une bande annonce et nous pouvons espérer qu’un argumentaire complet et rigoureux est présenté dans l’ouvrage « L’arnaque du siècle », mais les incohérences des clips promotionnels ne laissent rien présager de bons. Ça sent l’arnaque.

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P.-S.

Photo : « Pinocchio e la mela », certains droits réservés par pippowitz

Vos commentaires

  • Le 13 avril 2011 à 07:31, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    « rappelez-vous, 1€ vaut 6.55957 francs français. » : valait, la conversion sur la base de ce taux aujourd’hui n’a aucun sens. Ces messieurs du fan-club de NDA exploitent le fait que les prix en francs dont on peut vaguement se souvenir n’augmenteront jamais. Or si l’euro n’avait jamais été adopté, les prix auraient naturellement augmentés comme ils l’avaient fait sans discontinuer dans les décennies qui ont précédées la mise en place de notre monnaie. Comparer les prix en euro actuels aux souvenirs des prix en franc d’il y a dix ans relève en effet d’un effet de manche sans fondement. Et faux comme vous le soulignez dans l’article.

  • Le 13 avril 2011 à 07:36, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    Note aux amis de NDA : si vous voulez une chronique de l’ouvrage, merci de nous l’envoyer. Payer « 13 » pour ça me semble excessif. En francs aussi.

  • Le 13 avril 2011 à 11:33, par Sara En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    Il faudrait rendre la lecture du Taurillon obligatoire dans toutes les écoles ! Parce que malheureusement la plupart de vos lecteurs sont suffisamment informés pour ne pas tomber dans le piège de NDA, mais cela n’est pas toujours le cas et ces argumentaires débiles risquent de trouver un terrain favorable…

    En plus, à cela s’ajoute l’habitude qu’ont encore beaucoup de Français de compter en francs (et j’en connais qui raisonnent en anciens (!) francs, oui je vous assure !)…évidemment, lorsqu’on se dit « en francs cela donnerait x » ca fait froid dans le dos, mais c’est normal, c’est parce que les prix en francs sont figés dans notre esprit à ceux de 2001 et en 10 ans bien sûr les prix ont augmenté (même si pas de 500% !).

    Mais bon, vu l’électorat visé par NDA, il vaut certainement mieux des arguments à la portée des mémés qui n’ont pas terminé l’école primaire que de parler des réelles raisons de la flambée des prix de l’immobilier ou du pétrole (ce dernier n’étant en plus pas exprimé en €…)

  • Le 14 avril 2011 à 13:35, par Jonathan En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    A tout ceux qui sont intéressés par cet article, sachez que les Jeunes Européens Universités de Paris organisent un débat avec le Porte Parole de Debout la République (le Parti de Nicolas Dupont Aignan) sur la sortie de l’euro, le jeudi 28 avril à 19h15 à la Maison des Initiatives Étudiantes, 50 rue des Tournelles, 75003 PARIS.

    Venez Nombreux !!

  • Le 15 avril 2011 à 19:15, par Tythan En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    Militant à Debout la République, j’avoue avoir eu beaucoup de mal à garder mon sérieux en voyant les deux vidéos indigentes de Nicolas Dupont-Aignan.

    Et oui, comme tout homme politique, Nicolas Dupont-Aignan utilise des slogans démagogiques et parfois complètement faux. C’est triste, mais c’est comme ça, il va falloir s’y faire.

    Mais d’un autre côté, il faut aussi voir la démagogie dans le camp adverse : ainsi, ces inombrables promoteurs de l’euro qui lors de Maastricht promettaient monts et merveilles, des millions d’emploi et tout et tout. On a vu !!

    C’est encore le cas aujourd’hui, avec un nombre conséquent d’idéologues (il est difficile de les qualifier d’économistes) promettant l’apocalypse si jamais la France sortait de l’euro... Ce qui est d’ailleurs devenu depuis peu l’unique argument en faveur du maintien de l’euro, ce qui montre clairement que les « eurosceptiques » ont gagné la partie...

    Je ne sais pas si l’euro arrivera à se maintenir. Je crois qu’il y a de très forte choses pour que non. La bonne nouvelle, c’est que si cet abandon sera forcément douloureux, la France s’en remettra très rapidement puisqu’elle sera débarassée de ce boulet de monnaie unique, inadaptée à notre pays car trop chère.

    Pour faire réaliser cela aux Français, je trouve cela malheureux et je déplore qu’on en ait à arriver là (mais enfin, il faut comprendre que nous avons essayé de parler raisonnablement... On se fait immédiatement traiter de fachiste comme l’illustre tristement l’exemple de Valéry), mais je comprends que Nicolas Dupont-Aignan utilise de grosses ficelles.

  • Le 16 avril 2011 à 09:41, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    « Militant à Debout la République, j’avoue avoir eu beaucoup de mal à garder mon sérieux en voyant les deux vidéos indigentes de Nicolas Dupont-Aignan. »

    Nous même nous avons ça : http://www.jeunes-europeens.org/spip.php?article1341 : j’aime beaucoup les paroles de la chanson et la chanson elle-même, et les personnes dans la vidéo, mais le principe du lipdub reste... pittoresque.

    Je vous répond sur le reste ce soir. Là il fait beau, je sors :-)

  • Le 16 avril 2011 à 16:41, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    Bon, reprenons...

    « C’est triste, mais c’est comme ça, il va falloir s’y faire. »

    Je ne suis pas d’accord : il existe de nombreuses personnalités politiques qui attachent e l’importance à la vérité et à la notion de respect de l’électorat. Leur démarche de séduction consiste à donner la priorité à des thèmes populaires, pas à déformer la vérité. Je crois qu’il est de notre devoir en tant que militants de dénoncer les démagogues et les menteurs dans notre propre camp comme dans le camp d’en face. C’est précisément l’objet de c’est rubrique où, vous le remarquerez, nous dénonçons tout autant les élus de l’establishment politique généralement perçus comme partisans de la construction européenne que les nationalistes comme NDA, Villiers, Mélenchon, Le Pen, etc.

    « ainsi, ces inombrables promoteurs de l’euro qui lors de Maastricht promettaient monts et merveilles, des millions d’emploi et tout et tout. »

    L’euro a tenu jusqu’à présent la plupart de ses promesses. Pour les millions d’emplois je crois que vous confondez avec l’Acte unique.

    « C’est encore le cas aujourd’hui, avec un nombre conséquent d’idéologues (il est difficile de les qualifier d’économistes) »

    Quand on est pas d’accord avec vous on n’est pas compétent dirait-on. Des économistes qualifiés on en trouve à la fois parmi les défenseurs de notre monnaie et parmi ceux qui l’attaquent.

    « promettant l’apocalypse si jamais la France sortait de l’euro… Ce qui est d’ailleurs devenu depuis peu l’unique argument en faveur du maintien de l’euro »

    Il n’y a pas d’arguments à développer en faveur de l’euro : c’est notre monnaie et ça le restera sauf à quitter l’Union européenne ou à modifier les traités. Et il s’agit de décisions politiques. Aucune de ces deux hypothèses ne me semble probable à l’heure actuelle. Si vous défendez ce options la charge de la preuve repose sur vous et pour l’instant on en est très loin. À voir ces vidéos bouffonnes je me sens parfaitement serein.

    Quand à la démonstration des bénéfices de la monnaie unique vous en trouverez pas mal dans la rubrique ad hoc de ce magazine : http://www.taurillon.org/+-Euro-+

    « (mais enfin, il faut comprendre que nous avons essayé de parler raisonnablement… On se fait immédiatement traiter de fachiste comme l’illustre tristement l’exemple de Valéry) »

    J’ai observé le positionnement nationaliste du fan-club de NDA, et fait comme l’auteur d’un des articles le rapprochement avec le positionnement du FN mais je n’ai traité personne de fasciste.

  • Le 16 avril 2011 à 20:04, par Laurent Bonsang En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    Si je comprends le fond du message laissé par le militant de Debout la République, la fin justifierait les moyens. il reconnait le caractère démagogique des slogans qui sont (parfois) complètement faux. et ajoute que c’est triste, que c’est comme ça, et qu’il va falloir s’y faire aveu intéressant mais qu’attendons nous, qu’attendent les gens des politiques ? comment faire en sorte de lutter contre l’abstention, comment faire en sorte que les gens croient en la politique si la démagogie est les slogans faux sont sciemment utlisés. est ce acceptable ? est ce très républicain ?

    alors donc les arguments de NDA sont démagogiques et faux, que les ficelles sont grosses.

    pourquoi alors ne pas le dire clairement et publiquement plutôt qu’en message sur le Taurillon ? pourquoi ne pas avouer que le slogan (les prix ont été multipliés par 6 ) est une pure invention ?

    personnellement je ne suis pas très étonné de la manoeuvre

  • Le 17 avril 2011 à 23:53, par Tythan En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    Valéry,

    Vous prétendez vouloir faire apparaître la vérité et démasquer les démagogues, alors que dans le même temps vous traitez Nicolas Dupont-Aignan de nationaliste... Alors que vous savez très bien que c’est totalement faux et que jamais NDA n’a été nationaliste. Il a sans doute bien des défauts, mais pas celui là.

    Pour le reste vous avez tout faux. Où est-il écrit qu’il serait impossible de sortir de l’euro ?? La France est aujourd’hui partie de la monnaie unique, elle peut évidemment en sortir et l’on voit mal ce qui pourrait l’en empêcher si jamais elle le décidait.

    Je crois que vous révélez là votre vrai visage : celui d’un démagogue qui n’a pas d’autres arguments que d’insulter l’adversaire et qui vise à faire peur aux autres.

    Votre grosse ficelle (bien plus grave que celle qu’utilise NDA) ne peut pas passer !!

    Ah oui, signalons à l’auteur de l’article que la comparaison 100 francs/100 euros n’est pas à prendre (même pour les démeurés) au premier degré... Ce que NDA veut dire, c’est que les prix ont fortement augmenter, c’est tout.

  • Le 18 avril 2011 à 08:09, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    « Où est-il écrit qu’il serait impossible de sortir de l’euro ?? » : il n’est surtout écrit nul part que l’on peut s’en retirer. Dès lors que les traités prévoient que l’euro est la monnaie de l’Union et que tous les États, sauf ceux qui ont négociés une exemption lors de la signature du traité, ont vocation à adopter cette monnaie, le seul moyen de renoncer à notre monnaie est de quitter l’Union européenne ce qui est désormais prévu grâce au traité de Lisbonne. Simplement cette idée étant impopulaire, vous cherchez à dissimuler ce fait, ce que je comprend naturellement.

    Quand au nationalisme : il est inscrit tout au long du programme et du positionnement politique de DLR et se son leader. Ils utilisent d’autres mots pour le dissimuler là aussi parce que cette idéologie désormais discréditée est impopulaire. Vous avancez masqué et en propageant des contre-vérités (cf. les vidéos.).

    Permettez-moi de désapprouver.

  • Le 18 avril 2011 à 15:36, par Vince En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    La faiblesse de la contre argumentation de l’auteur de cet article montre que même les ultra-européistes sont incapables de nous démontrer les bienfaits de la monnaie unique. Cet article est complètement inutile et il n’y a que son auteur pour prendre naïvement aux mots les messages de ce film. De plus, niveau démagogie je pense que les euro-béats n’ont pas de leçons à donner car leur vision idyllique de l’Union européenne en est devenue pathétique.

  • Le 18 avril 2011 à 16:28, par G Henning En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    Le point de cet article n’est pas d’argumenter contre NDA mais de montrer que ces clips promotionnels délivrent un message clairement non-factuel. Si certains semblent acceptés que des faux arguments soient utilisés, même si il ne faut pas les prendre au mots et que « c’est comme ça, il va falloir s’y faire » ; je trouve que le recours à la fiction dans le débats politique est au mieux une erreur.

    D’ailleurs, si NDA c’était contenté de dire « Avec l’euro, tout est plus cher », je n’aurais pas levé le petit doigts. Certes, je n’aurais pas été d’accords sur le message, mais c’est une opinion qu’il a le droit de présenter au débat public. Par contre, lorsqu’il précise que tout est « six fois plus cher », je me pose la question de la provenance de ce chiffre précis. Si c’est un chiffre choisis au hasard pour marquer les esprits, alors pourquoi ne pas avoir dit « dix fois, cent fois, milles fois » plus cher. Ce n’est pas plus faux que « 6x » et c’est encore plus marquant.

    Je veux bien croire que dans son ouvrage NDA dévoile des arguments solides et détaillés qui sont étayés d’éléments clairs et d’une logique sans faille pour conforter ses idées. Mais puisque ces arguments existent pourquoi ne pas les utilisés déjà dans les spots promotionnels ?

    Utiliser des grosses ficelles et une logique flous, même si c’est juste à titre de publicité, c’est une approche débilisante du problème. Si les partisans de NDA souhaitent qualifiés les pro-euro de démagogues et naifs, je leur suggérerais de ne pas suivre le même chemin et de participer à une élévation du niveau du débat, plutôt que de se reposer sur des arguments qu’eux-même considèrent « de grosses ficelles »

  • Le 19 avril 2011 à 00:30, par Tythan En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    Valéry,

    Vous êtes complètement à côté de la plaque. Le problème n’est pas d’approuver ou non le prétendu nationalisme de Nicolas Dupont-Aignan. Le problème, c’est que vous voyez du nationalisme là où il n’y en a pas. Les mots ont un sens, et nationalisme ne fait pas exception. Renseignez-vous !!

    Votre interprétation des traités européens est complètement délirante. Il est évident que l’éventuelle sortie de l’euro poserait de graves problèmes institutionnels. Elle n’est effectivement pas prévue. Je ne vais pas vous faire un cours de droit, mais je vous assure que ce n’est pas la question : si la France souhaite sortir de l’UE, on voit mal en quoi les partenaires européens de la France pourrait l’en empêcher et la forcer, en cas de refus, à sortir de l’UE (ce qui par contre est pour le coup juridiquement très contestable : un pays ne peut pas être exclu de l’UE).

    Le droit international est de notre côté, arrêtez de vouloir faire peur aux internautes, c’est complètement ridicule. Lisez la convention de Vienne du 23 mai 1969 ! Et surtout, réfléchissez deux secondes !

    @ M. Henning

    Je trouve la vidéo totalement indigente et démagogique et je regrette que NDA l’ait tourné. Maintenant, il faut arrêter un peu les conneries... NDA est bien entendu dans l’exagération, il ne faut pas le prendre au premier degré lorsqu’il parle de six fois plus cher. Il faut réfléchir deux secondes (même si je reconnais que la vidéo n’y invite pas).

    Moi, je veux bien élever le débat, et effectivement ce serait beaucoup plus intéressant que de débattre sans fin sur un clip sur lequel tout le monde s’accorde pour dire qu’il n’est ni fait ni à faire.

    Pour le moment, on est resté à un niveau assez bas. Vous semblez avoir compris que l’euro n’était pas viable en l’état car il n’est pas assis sur une zone monétaire optimale. Vous semblez accepter le fait que l’euro est surévalué pour la France et n’est pas adapté à son économie. A cela, vous n’opposez pour le moment rien, pas un argument...

  • Le 19 avril 2011 à 07:18, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    @Tythan

    1) Sur votre nationalisme

    Cet échange commence décidément à tourner en rond puisque vous vous contentez de répéter ce qui vous sert d’argument — mon incompétence supposée — sans prendre en compte le fait que je vous ai déjà répondu à plusieurs reprises.

    Je vous répond donc, une dernière fois.

    Je connais parfaitement ce qu’est le nationalisme. C’est précisément ce qui me permet de reconnaître celui-ci dans le positionnement du fan-club de Dupont-Aignan qui se complaît dans cette vision archaïque.

    Naturellement le sens du mot a évolué et s’est complété. Cette idéologie étant dangereuse, car elle divise l’humanité en ensembles nécessairement conduits à s’opposer et s’affronter, le terme a acquis progressivement une connotation négative.

    Toutefois les conséquences dramatiques du nationalisme ne sont pas pour les fédéralistes des dérives ou un extrêmisme mais au contraire une caractéristique intrinsèque, une conséquence naturelle de cette idéologie.

    Je comprends que vous souhaitiez passer pour des gens sympa et ne pas être associé à ce terme. Vous cherchez donc à prétendre que le nationalisme est uniquement un extrémisme, un patriotisme dévoyé. La manoeuvre est une grosse ficelle que vous me permettrez de ne pas prendre au sérieux.

    2) Sur les traités et l’euro

    Donc quand on est pas d’accord avec vous on délire. Je le note.

    Je me contentait de décrire les traités en vigueur qui ne prévoient pas ce cas de figure. Vous ne pouvez pas le nier.

    À partir de là cette discussion est sans grand intérêt puisque l’abandon de notre monnaie au profit d’un aventurisme nationaliste délirant n’est pas heureusement à l’ordre du jour. Quand votre organisation sera prise au sérieux par l’électorat on en reparlera. Pour l’instant le seul parti qui défend cette idée et qui rencontre un succès électoral relatif est le FN. Mais ce n’est sur ce thème qu’ils font leur beurre, mais sur des orientations plus nauséabondes encore que je n’ai pas il est vrai retrouvé chez DLR (à l’UMP en revanche...).

    3) Sur les vidéos

    Ces vidéo absurdes et qui propagent des contre-vérités sont le sujet de l’article. Il est normal que l’on parle de ces vidéos dans les commentaires.

    Je vous suis reconnaissant d’avouer ici que celles-ci sont démagogiques. Vous les regrettez en tant que militant. OK. J’aurais préféré vous entendre les condamner ce que je fais pour ma part car j’estime qu’une argumentation qui ne respecte pas la vérité n’a pas sa place en politique et doit être combattue.

    Je préférerais surtout que ce soit un porte-parole de votre association qui fasse comme vous cet confession et que ces vidéos soient retirées et un message d’excuses, adressé aux citoyens français que l’on prend pour des sots, publié. Mais il ne faut pas rêver non plus.

    4) Pour finir

    Comme vous mentionnez le concept délirant de zone monétaire optimale je me permet de vous informer sur le sujet : les États-nations existant ne se sont absolument pas constitués dans le but de former une soi-disante zone monétaire optimale. Leurs frontières sont un héritage de l’histoire et sont fondées sur des mariages dynastiques, des conflits militaires, des règles de succession imaginatives, mais absolument pas sur la recherche d’une quelconque efficacité économique. Quand à l’Union européenne, elle constitue aujourd’hui un marché unique de services et de marchandises : elle doit donc disposer de sa monnaie pour faciliter les échanges. C’est aujourd’hui enfin le cas et tant mieux. Elle constitue aussi un ensemble politique en cours de constitution et c’est surtout cela qui est intéressant.

    Il faut que vous cessiez, s’il vous plaît, d’avancer masqué : vos propos pseudo-économiques servent surtout à disimuler une démarche fondamentalement politique qui est celle de DLR. En se réclamant du gaullisme, ce nationalisme soft qui a connu un certain succès électoral en France au milieu du siècle dernier, les intentions sont claires : on ne croit qu’en la France du passé et on rejette la perspective d’une union fédérale de l’Europe. Je comprend naturellement par conséquent que vous recherchiez à combattre l’euro qui est l’une des avancées majeures de la construction européenne. La monnaie unique européenne est un projet politique : combattez le avec des arguments politiques, vous serez plus crédibles qu’en inventant des concepts bidons. Pour notre part c’est bien dans une optique politique que nous avions fait campagne depuis le début des années 80 pour la monnaie unique, après avoir fait campagne pour l’élection au suffrage universel direct du Parlement européen. Le processus de gestion de crise actuel démontre que la monnaie unique n’est pas suffisante en l’état et doit être complété par des décisions politiques à l’échelle européenne. Ça tombe bien, c’est précisément ce que nous réclamons depuis le début.

  • Le 19 avril 2011 à 14:50, par G Henning En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    @Tythan

    Nous sommes d’accord pour dire que ces vidéos font plus rire que réfléchir. Et je suis certain que l’ensemble de nos concitoyens comprend qu’il s’agit d’exagération qui tend au ridicule. Je regrette en conséquence que NDA insulte l’intelligence des électeurs en se reposant sur une publicité aussi grossière.

    Comprenez que cette vidéo qui aurait mieux fait de ne jamais être diffusée ne donne pas forcément envie de lire l’ouvrage « L’arnaque du siècle » car on a peur de tomber sur les mêmes arguments raccourcis et la même logique floue. J’espère que ce n’est pas le cas.

    Quand à élever le débat en vous proposant des arguments sur les bienfaits de l’euro, et bien je ne peux pas. Ce n’est pas que l’envie me manque ou que je n’ai pas la conviction que l’euro a ses avantages, mais surtout : je ne suis pas économiste. Ainsi, je ne pourrais pas apporter au débat d’éléments nouveau. Certes, j’ai pour moi mes opinions et le fruit de mes réflexions, mais je ne vous servirais pas d’arguments généraux car ce n’est pas mon rôle. Ma contribution à l’élévation du débat est donc de me taire lorsque je n’ai pas la capacité pour argumenter honnêtement.

  • Le 19 avril 2011 à 19:04, par Thibaut Temmerman En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    La zone monétaire optimale... C’est l’argument ultime que les eurosceptiques nous servent à tout bout de champ pour laisser croire 1) qu’ils ont un tant soit peu de connaissance en économie 2) que leur critique de l’euro est fondée sur des arguments rationnels.

    A ce sujet désolé de vous décevoir cher Tythan mais le concepteur de la zone monétaire optimale, Robert Mundell, considérait que les Etats-Unis ne forment PAS non plus une ZMO, en raison notamment de la mobilité imparfaite sur le marché du travail entre Etats, en particulier pour les travailleurs les moins dotés en capital scolaire. La ZMO, c’est comme la « concurrence pure et parfaite », c’est une conception idéale qui aide à comprendre des phénomènes économiques mais n’existe pas dans la réalité.

    Cependant, il considérait que les transferts fiscaux du gouvernement fédéral compensait cette imperfection, et c’est vers cette solution que l’on s’achemine dans l’Union européenne, par une augmentation du budget de l’Union européenne.

    Comme le dit VXL, le problème de l’euro est politique, il doit être réglé sur le plan politique. En particulier, il apparaît de plus en plus absurde d’avoir une monnaie unique sans politique monétaire, économique et fiscale commune.

  • Le 20 avril 2011 à 18:51, par Hélène En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    Malgré les nombreuses attaques personnelles inutiles, les commentaires sont intéressants sur la perception et les divergences qu’on peut avoir sur le sujet.

    Au delà des aspects techniques sur lesquels on peut gloser à l’infini, le problème essentiel est bien celui que souligne le dernier commentaire : « il apparaît de plus en plus absurde d’avoir une monnaie unique sans politique monétaire, économique et fiscale commune. »

    Et c’est là que la démarche de DLR prend tout son sens : une monnaie unique imposée aux millions de citoyens-producteurs européens par une caste financière servie par une caste bureaucratique, ça ne peut que devenir un moyen de détournement spéculatif qui ruine les efforts individuels autant que les systèmes sociaux patiemment élaborés après guerre.

    Devant ce constat, qui se précise chaque jour, les arguments économistes ne pèsent plus rien et les clips de NDA sont un moyen tout à fait recevable pour donner une voix à l’immense majorité siencieuse.

  • Le 21 avril 2011 à 06:05, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    @Hélène : le nombre de clichés dans votre phrase est presque caricatural. Notre monnaie n’est issue d’aucune contrainte mais tout au contraire d’un lent et difficile processus démocratique. Pour mémoire son adoption est issue en France d’un référendum. Partout ailleurs les élus ont été conduits à se prononcer sur ce choix. Les gouvernements nationalistes ont pu négocier des exemptions. Quand à la spéculation elle est plus compliquée qu’autre chose par la monnaie unique. Pour mémoire l’époque ou les Européens s’accrochaient à de nombreuses monnaies différentes était une aubaine pour les spéculateurs qui pouvaient bénéficier des effets de change.

    Enfin je constate que contrairement à votre camarade vous assumez l’utilisation de contre-vérités démagogiques dans la propagande politique. C’est votre choix, mais je ne vous en félicite pas.

  • Le 21 avril 2011 à 09:01, par Hélène En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    « Les faits restent têtus : seuls les aspects communautarisés, en d’autres termes les plus proches d’une forme de fédéralisme, fonctionnent dans l’Union de manière satisfaisante. Partout ailleurs, l’Union européenne engendre déception et frustration. »

    J’espère que vous reconnaîtrez cette citation d’un certain ... Valéry-Xavier !

    Mon commentaire soulignait justement pourquoi on en arrive à trouver légitimes des positions telles que celle de DLR. La construction européenne n’a pas été démocratique, mais technocratique, avec des référendums de façade emportés de justesse sur la base de promesses qu’on n’oserait même plus relire aujourd’hui à la lumière de ce que devient l’Europe depuis quelques années.

    Et notamment en ce qui concerne la promesse de stabilité monétaire : la spéculation sur les monnaies nationales a certes été stoppée par la force des choses mais aussi remplacée par une spéculation interne qui a consisté à consolider les placements en euros au détriment des investissements productifs et des exportations, tout en permettant aux intermédiaires stériles de pratiquer des hausses de prix bien au delà de l’inflation officielle. Même si ce n’est pas le caricatural « tout est 6 fois plus cher », l’Européen « moyen » est de plus en plus conscient des mensonges, de l’immobilisme, du lobbying, de l’invasion de l’espace Schengen, du retour des spéculateurs externes qui s’attaquent aux états fragiles, de l’absence de perspectives face aux émergents...

    Si un jour vous avez comme moi deux enfants qui peinent à imaginer leur avenir, vous redescendrez peut-être de votre planète égocentrique qui gravite très loin du quotidien des « vrais gens » : ceux qui représentent encore - quoi que vous pensiez - au moins 90 % des Européens...

    Et par pitié arrêtez de décréter que j’ai choisi « l’utilisation de contre-vérités démagogiques dans la propagande politique » ! Je n’ai AUCUN engagement politique partisan. J’approuve simplement ceux qui ne récitent pas le politiquement correct en vigueur, et sont prêts à remettre en cause ce qui ne fonctionne pas. Eh oui, les faits sont têtus !

  • Le 21 avril 2011 à 13:30, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    Je vois que vous avez de bonnes lectures.

    Un référendum n’est pas de façade : si il est positif le texte est adopté, s’il est rejeté le texte ne l’est pas. À chaque fois qu’un pays a voté deux fois au cours d’un même processus de ratification, ce n’était pas sur le même texte. Ce n’est pas une technicalité : c’est très concrètement que ces pays ont obtenu d’être traité de manière particulière, à tord ou à raison. Je préfèrerais pour ma art naturellement l’adoption d’une règle plus démocratique visant à permettre l’entrée en vigueur d’un texte dès qu’une majorité significative de pays l’a adopté.

    Quand aux promesses faites dans le cadre de campagne je me souviens surtout des nonistes de 2005 qui proclamaient la main sur le coeur que rejeter le traité permettrait d’obtenir toute sorte de chose. Très bien encore faut-il que ces choses soient acceptables par le reste de l’Europe, et surtout, gagner les élections pour être celui qui renégocie. Le cumul des extrêmistes ne fait politiquement pas une majorité de gouvernement.

    En ce qui concerne la financiarisation de l’économie à laquelle vous faites allusion, elle n’est nullement lié )à l’adoption par les Européens d’une nouvelle monnaie. Le phénomène dépasse largement les frontières de l’eurozone. Il est global.

    J’ai un enfant et je ne vois pas le rapport. Je ne veux pas que mon enfant grandisse dans un monde dominé par une idéologie nationaliste. L’euro en tant que monnaie européenne rompt précisément ce carcan de l’État national. Rien que pour cette raison il est salvateur. C’est bien ce qui motive le dernier carré de gaullistes, et encore pas tous, à mener une bataille d’arrière garde sur ce sujet. Merci de garder votre discours sur les « vrais gens » pour vous. Les vrais gens comme vous dites sont aussi massivement conscient que l’avenir n’est pas borné par le Rhin, les Alpes et les Pyrénnées.

    Enfin, pour répondre à votre dernier paragraphe : votre commentaire précédent laissait entendre que vous approuviez ces vidéos démagogiques. Je suis ravi de lire que ce n’est pas le cas.

  • Le 21 avril 2011 à 19:05, par Hélène En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    Revenons objectivement sur les 3 points de notre débat.

    L’approbation démocratique par voie de référendum ? Vous n’ignorez pas la panique qui s’est emparée des institutions depuis le rejet français de 2005, et ceux qui ont suivi pour les pays qui avaient quelque chose à perdre, au point de court-circuiter les électeurs par des tours de passe-passe comme l’escamotage de toute version lisible des traités et des quasi-décrets soit-disant votés par les parlements nationaux ! Quant aux représentants de l’institution, entre un Barroso discrédité mais inamovible, un « président » translucide et une potiche des affaires étrangères, nous sommes loins, très loins de ce qu’il faudrait pour entraîner enthousiasme et mobilisation !

    L’inéluctable financiarisation de l’économie ? Mais c’est justement cela que l’Europe nous promettait de combattre et réduire. Et l’on s’aperçoit que l’institution ne protége que ses intérêts de clan, ne bouge qu’au pied du mur, ne contrôle rien (ah la Grèce !) et est incapable de miser sur l’avenir à la hauteur des blocs asiatique et américain. Les hedges-vautours ont bien senti la faiblesse de l’animal...

    Enfin, et vous le soulignez d’ailleurs vous-même avec la préoccupation de l’avenir, avoir des enfants (je dis bien « des », car c’est le début de la notion de famille) est un facteur fondamental pour relativiser les engagements politiques et en tirer des compromis réalistes et durables. L’élite urbaine célibataire - dite « bobo » - ne voit que des avantages à une Europe qui lui ouvre un terrain de jeu prometteur et sécurisé sans toutes ces contreparties pesantes que sont l’histoire, l’identité, la stabilité, la communauté, les devoirs, la culture et autres traditions « archaïques ». La famille (ceux que j’appelle les « vrais gens » parce qu’ils sont la majorité silencieuse du présent mais surtout de l’avenir - le bobo n’étant pour l’heure pas encore clonable) constate quant à elle que cette Europe n’apporte aucun projet, aucune identité, aucune sécurité réelle, mais consolide chaque jour son emprise bureaucratique (au sens propre) et laisse filer le patrimoine et les acquis sociaux hérités des nations. N’est-il pas légitime qu’ils préfèrent abandonner ce Titanic qui n’a de canots que pour les passagers de première classe ?

     ;-)

  • Le 22 avril 2011 à 00:13, par Tythan En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    @ Valéry

    Je vous répond une dernière fois, à moins qu’enfin vous vous décidiez à cesser de m’insulter

    1) On va le répéter une nième fois, jusqu’à ce que vous l’admettiez. Je ne suis pas nationaliste, je ne l’ai jamais été, pas plus que Nicolas Dupont-Aignan. Le nationalisme, ce n’est absolument pas ce que vous dites. Renseignez-vous et cessez de m’importuner avec ce qualificatif. Jamais je ne suis permis les raccourcis que certains europhobes font chez les europhiles, en les accusant de je ne sais quoi (d’ultra-libéralisme). Merci de ne pas faire la même chose avec moi et mes amis de Debout la République.

    Votre manoeuvre ne fait d’ailleurs que vous desservir. Sans doute affolé par le discours raisonnable de Debout la République, vous tentez de nous discréditez en nous calomniant. Cette tentative aussi grossière que ridicule ne vous serira à rien si ce n’est à vous discréditer.

    Je pense que des excuses sont nécessaires de ce point de vue.

    2) Je n’ai employé qu’une fois le mot « délire » et une autre fois le mot « conneries ». Simplement pour vous ramener à la raison, sur des évidences. Et j’insiste sur le terme évidences. Il est évident, puisqu’il s’agit de cette question, qu’il est complètement idiot de prétendre qu’il serait impossible de sortir de l’euro parce que ce n’est pas prévu par les traités...

    Disons-le tout net : cet absence pose problème, et est susceptible de créer des difficultés non-négligeables. Maintenant, oser prétendre que cela empêcherait toute sortie de l’euro sans entraîner automatiquement la sortie de l’UE, c’est n’importe quoi, il n’y a pas d’autre mots.

    Tout simplement parce qu’il n’existe pas, et il ne peut pas exister de procédures d’exclusion de l’UE. Ensuite et surtout parce qu’il existe aujourd’hui des pays dans l’UE et hors de la zone euro et partis pour le rester à long terme (au premier rang desquels le Royaume-Uni). On voit mal au nom de quel principe on excluerait un pays de l’UE parce qu’il ne participerait plus à la zone euro... Ce que font une dizaine de pays à l’heure actuelle. Enfin, et c’est sans doute l’un des arguments les plus forts, il faut arrêter avec ce type d’arguments juridiques : les traités ne sont pas parfaits. Cela tombe bien, on peut les modifier. A titre d’exemple, je citerais le Fonds Européen de stabilisation financière. Il contredit la lettre des traités, qui prohibe grosso modo les soutiens inter-étatiques. Et bien, cela n’a pas peser lourd dans la balance lorsque le péril est venu frapper à la porte des Etats européens.

    Je viens de me rendre compte que j’ai consacré tout un paragraphe à une non-question ! Merci de ne plus m’importuner avec de tels « arguments »

    3) Sur les vidéos, je peux être difficilement plus clair : je les trouve démagogique et je les regrette. Ce qui implique que je les combats, on ne va pas jouer sur les mots.

    J’ai simplement indiquer que les partisans de l’UE donnaient eux-aussi dans la démagogie la plus crasse et parfois la plus honteuse. A cet égard (et pour répondre à une précédente objection), je vous donne un lien donnant des citations que je crois authentiques sur les promesses d’hommes politiques lors de Maastricht.

    http://bayrou-modem.exprimetoi.net/t4287-le-betisier-de-maastricht

    Maintenant, il est vrai qu’il y a eu un tombereau de bêtises dites lors de l’acte unique ou bien encore de la campagne pour le oui au TCE. Je me souviens encore d’un homme politique dont la haute fonction actuelle m’oblige à taire le nom afin de ne pas salir cette belle institution de la présidence de la république expliquant que le « oui », c’était la paix, et le « non », la guerre. Je caricature à peine !!

    4) Sans vouloir vous offenser, je crois que ce qui précède démontre amplement si besoin est que vous n’avez pas la culture nécessaire afin de vous lancer dans des considérations aussi grandiloquentes... J’avoue que je n’ai pas pu retenir un sourire après avoir lu des phrases aussi niaises que « les États-nations existant ne se sont absolument pas constitués dans le but de former une soi-disante zone monétaire optimale » !!!

    Il faut réfléchir deux secondes avant de sortir de telles énormités ! D’autant que c’est totalement inutiles. Si vous vous étiez renseigner sur DLR au lieu de nous insulter sans nous connaître, vous sauriez qu’à DLR, nous ne sommes pas pour une zone monétaire optimale limités aux Etats-nations. Au contraire, nous sommes favorables à la constitution d’un système de monnaie commune, de parités fixes mais ajustables. Nous pensons notamment que les pays au profil semblables (grosso modo un bloc centré autour de l’Allemagne, avec les Pays-Bas, le Luxembourg et l’Autriche, un autre autour des pays latins) doivent évoluer de concert.

    Personnellement, je ne crois pas au fédéralisme européen. Et il est complètement ridicule de me caricaturer en « passéiste » parce que je ne partage pas vos convictions... Contrairement à beaucoup d’europhile, je connais certains pays d’Europe (j’ai notamment vécu en Angleterre et en Allemagne, dont je parle les langues) et je sais très bien que nous ne sommes pas mûrs pour cela. Dans deux siècles, qui sait ? Mais aujourd’hui, nos différences sont trop grandes. Forcer les peuples au fédéralisme alors qu’ils ne le souhaitent pas, c’est risquer de braquer les peuples les uns contre les autres. On en a vu des manifestations très récentes ces derniers temps, avec la percée de l’extrême droite en Finlande, ou encore les invectives entre les journaux populaires grecs et allemands lors de la crise grecque.

    Lorsque vous avouez ’Le processus de gestion de crise actuel démontre que la monnaie unique n’est pas suffisante en l’état et doit être complété par des décisions politiques à l’échelle européenne. Ça tombe bien, c’est précisément ce que nous réclamons depuis le début" ; je vous reconnais qu’au moins, vous ne vous cachez pas. C’est quelque chose de positif.

    Personnellement, je trouve que votre attitude est extrêmement dangereuse. Vous reconnaissez que vous souhaitez forcer le processus de l’intégration par nécessité. A demi mot, c’est reconnaître que vous êtes prêts à passer outre la volonté des peuples, que vous êtes prêts à nier la démocratie pour satisfaire votre grand dessein. Je me garderais bien de vous traiter de totalitaire, mais je souhaite tout de même attirer votre attention sur l’extrême danger de votre attitude. Vous risquez de tout faire sauter, de faire détester l’Europe...

    Cela fait quelques années que je milite pour Nicolas Dupont-Aignan. Peut-être que ce n’est qu’une illusion, mais je vois de plus en plus d’hostilité envers les institutions européennes, je lis de plus en plus de propos europhobes d’une grande violence... Il y a cinq années, mon principal souci, en tant que militant, était de faire échec à la stratégie de diabolisation de « l’euroscepticisme ». Aujourd’hui, une part non-négligeable de mon activité est de calmer certains europhobes voyant dans l’UE l’origine de tous les maux possibles et imaginables.

    @ G Hening

    Je tombe des nues... Parce que vous n’êtes pas économiste, vous êtes incapables de produire un argument en soutien de l’euro ??? Là, pour le coup, il faut arrêter le délire !!

    Pour plusieurs raisons : d’abord parce que l’euro est, que vous le vouliez ou non, comme toute option majeure de politique économique (d’ailleurs, c’est même plus que cela, cela fait partie du cadre économique général), un élément du débat démocratique. Pour prendre un exemple, supposons que vous vous retrouviez à débattre avec un « économiste » marxisant souhaitant abolir l’économie de marché et établir une planification soviétique... Evidemment, vous allez, je l’espère, essayer de discuter, de contre-argumenter. Vous n’aurez peut-être pas les mots, mais enfin, à moins d’être complètement ignare, vous saurez quoi dire ! Et bien avec l’euro, c’est la même chose !

    Ensuite, mais c’est toujours un peu le même argument, parce qu’on ne peut pas laisser de grandes options comme cela aux seuls spécialistes, ce qui serait complètement anti-démocratiques. A suivre votre raisonnement, je n’aurais eu qu’à répondre à Valéry que j’étais juriste et qu’il n’avait rien compris et me satisfaire de cet argument d’autorité...

    Enfin, parce que la vulgarisation, cela existe !! Tout compte fait, l’économie, c’est beaucoup de culture générale, un sens aigu de l’observation mais aussi une bonne dose de bon sens ! La loi de l’offre et de la demande, au fond, c’est quelque chose de très intuitif.

    @ Thibault

    Effectivement, je ne suis pas économiste. Par contre, j’ai reçu une solide initiation à l’économie, à mon humble avis plus approfondie que celle que vous avez dû recevoir à l’IEP. Je n’ai utilisé la théorie de la zone monétaire optimale qu’afin d’aller rapidement.

    Le problème de fond, c’est que les pays de la zone euro divergent. Les coûts de production ne sont pas les mêmes, induisant des distorsions de concurrence insoutenables, comme le reconnaissent d’ailleurs vos petits camarades : s’il n’y a pas de réformes, une plus grande intégration, les problèmes s’aggraveront, provoquant peut-être l’effondrement de la zone euro. Aujourd’hui, les grecs ne sont plus compétitifs. Et pour rétablir leur compétitivité, il n’y a pas trente-six solutions : il leur faudra augmenter leur productivité ou réduire leurs coûts. La première solution est malheureusement limitée par le progrès technique, l’organisation sociale, les infrastructures au sens larges du pays, son éducation, ce qui ne changera pas du jour au lendemanin. Seule solution : Réduire les coûts, ce qui est extrêmement douloureux. Les grecs font déjà beaucoup, la tension sociale y est très forte. Mais ils ne pourront pas faire beaucoup plus...

    Seule solution : soit que l’on prête (ou plutôt, subventionne, vu la situation actuelle), soit que la Grèce sorte de l’euro, choisisse un taux de change adapté (c’est-à-dire dévalué par rapport à la situation actuelle, étant entendu que je pense qu’il faudrait, dans l’idéal, que le nouveau drachme soit évalué à sa juste valeur. A DLR, nous ne voulons pas un cercle de dévaluations compétitives, simplement que les monnaies soient à leur juste valeur).

    Je tiens à préciser qu’il est évident que la Grèce doit également envisager des réformes en profondeur, afin justement d’augmenter sa productivité. Je crois qu’ils sont sur la bonne voie. Simplement, handicapé qu’ils sont par une monnaie trop forte, les Grecs ne peuvent pas s’en sortir et risquent de compromettre tous leurs efforts.

    Pour finir, le dernier post de Valéry est révélateur.

    Merci de reconnaître que les référendums doivent être respectés. Je vous suggère d’expliquer cela à Nicolas Sarkozy, l’UMP et le PS qui ensemble ont voté la copie quasi-conforme du TCE avec le fameux traité « simplifié ».

    A titre personnel, je regrette que NDA brandisse sans cesse cet argument du vote bafoué. Pour moi, c’est de l’histoire ancienne. Mais à voir votre cynisme, là, je ne peux que lui donner raison !!

    Pour le reste, je note une phrase qui montre si besoin est que vous vivez sur une autre planète « Les vrais gens comme vous dites sont aussi massivement conscient que l’avenir n’est pas borné par le Rhin, les Alpes et les Pyrénnées »... Et bien si, 95% des Français souhaitent rester dans leur pays sans que cela soit la marque d’un quelconque repli sur soi. Je ne suis absolument pas contre passer quelques années à l’étranger, mais mon pays reste la France et c’est là que j’ai envie de vivre. Ce qui ne m’empêche pas de voyager, de m’ouvrir aux autres cultures !

  • Le 22 avril 2011 à 10:00, par Quentin Boulanger En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    Bonjour à tous, malgré des arguments et un débat intéressant, je me dois de vous rappelez que les commentaires ne sont pas là pour des attaques personnelles. Il serait bon d’éviter que le débat ne s’échauffe trop sur cette question sensible. Néanmoins il est bon de voir que des partisans de Nicolas Dupont-Aignan réagissent. On ne pourra pas taxer la rédaction du Taurillon de ne publier que les commentaires qui sont favorables aux articles. Sur ce, bons débats dans le respect des opinions de chacun. Merci

  • Le 24 avril 2011 à 00:32, par Thibaut Temmerman En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    @Tythan Et pourtant je suis tout à fait d’accord avec vous sur le problème de compétitivité de la Grèce et sa politique d’austérité très coûteuse socialement. L’Espagne, le Portugal et dans une moindre mesure, la France et l’Italie ont ce même problème de compétitivité.

    Mais l’euro n’est pas le problème : les Etats de la zone euro commercent principalement entre eux. Dévaluer ne ferait qu’aggraver la situation à court et moyen terme. Autres solutions envisageables : rééchelonner la dette grecque et investir, par exemple via une politique industrielle européenne (cf. http://www.mouvement-europeen.eu/La-politique-europeenne-d-industrie-et-d-innovation-2011-annee) et une augmentation des fonds européens comme le FEDER pour aider les territoires en crise. Je vous l’accorde, c’est une solution difficile à mettre en place, mais autrement plus ambitieuse et constructive que de critiquer l’euro.

    Quant à votre remarque désobligeante sur mon alma mater, elle en dit long sur cette attitude bien française de ne considérer la valeur d’une personne qu’à ses diplômes au détriment de son parcours.

    La remarque que je faisais sur l’argument de la ZMO ne s’appliquait pas spécifiquement à vous d’ailleurs ; je me bornais juste à constater que cet argument revient sans cesse chez les eurosceptiques mais parce qu’ils ne tiennent compte que d’une partie de l’analyse, cela ressemble plus à de la cuistrerie qu’à une vraie critique constructive. Je vous ferais également cordialement remarquer que votre idée de système de monnaie commune, de parités fixes mais ajustables entre pays de même structure économique ressemble fortement à l’une des propositions avancées par l’économiste fédéraliste (!) Christian Saint-Etienne, qui cite également comme sortie de crise la fédéralisation du budget européen et l’augmentation des transferts. Je vous laisse deviner laquelle à ma préférence !

  • Le 25 octobre 2011 à 17:15, par Tythan En réponse à : Nicolas Dupont-Aignan : une arnaque peut en cacher une autre

    @ Thibault

    Ma remarque sur votre parcours n’était pas du tout désobligeante, je regrette que vous l’ayez pris comme cela.

    Vous vous trompez une nouvelle fois sur l’euro. Bien sûr que si que l’euro est le problème, y compris entre les Etats de la zone euro. Car les structures de coûts de ces pays évoluent différemment. Pour schématiser, les pays du Nord au premier rang desquels l’Allemagne ont été capables de réduire la progression de leurs coûts, pas ceux du Sud. En bref, l’Allemagne fait du dumping social que les autres pays, en raison de leur structure sociale, ne peuvent pas suivre. Et tant que vous ne remédiez pas à cela, la zone euro ne pourra pas être viable sur le long terme.

    Vous devez comprendre qu’à DLR, si nous souhaitons dévaluer, c’est uniquement afin de retrouver la véritable valeur de l’économie française en quittant cette monnaie surévaluée. Et c’est de là dont viennent les trente pourcent dont nous parlions plus haut. Ainsi, Jean-Jacques Rosa situait la parité de pouvoir d’achat par rapport au dollar de l’euro à 1.10 au lieu 1.35. Cela fait dans les 20%. Si on rajoute la nécessaire dévaluation de l’euro-franc face à l’euro-mark, on arrive à vos 30%.

    Bref, j’insiste : cette dévaluation de 30% ne serait en rien une dévaluation compétitive, mais le simple retour à la véritable valeur que devrait prendre une monnaie adaptée à l’économie française.

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