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Faut-il donner à l’Union européenne le siège de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU ?

, par Lionel Luttenbacher

Prêt de soixante ans après sa création, l’ONU est restée dans un schéma post guerre froide, ou les cinq vainqueurs de la seconde guerre mondiale c’est à dire la France, États-Unis, Chine, Royaume-Uni et Russie sont membres permanents du conseil de sécurité et disposent d’un droit de veto. Le contexte géopolitique et radicalement différent, le monde bipolaire né des divergences idéologique entre les États-Unis et l’ancienne URSS actuelle RUSSIE ne sont plus, de nouvelles puissances ont émergées, et l’Union européenne est devenue en l’espace de 50 ans une entité économique viable et politique en devenir.

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Une réforme structurelle et institutionnelle de l’ONU est en cours, elle a été lancé en mars dernier par l’ancien secrétaire général de l’ONU, Monsieur Kofi Annan qui a présenté un plan de réforme visant à donner de nouvelles bases aux diverses agences de l’ONU et notamment du Conseil de Sécurité. Sachant qu’une prochaine réforme pourrait n’avoir lieu que dans 60 ans, il est donc indispensable que la refonte du Conseil de Sécurité soit en harmonie avec l’actuel contexte international, ce qui inclus donc la création d’un poste permanent pour l’Union européenne avec un droit de veto.

L’Europe peut-elle légitimement avoir plusieurs droits de véto ?

Il ne sera sans doute pas facile à accepter pour les États européens disposant déjà d’un siège au conseil de sécurité de l’Onu (France et Royaume-Uni) comme nous avons déjà peut le constater, mais ce serait complètement illogique de voir un jour trois (voir quatre) États européens membres permanents (Allemagne, voir Italie ou Espagne) donnant ainsi trois ou quatre droits de veto à l’Europe contre un seul pour la Chine ou les États-Unis. De plus l’Union européenne a déjà remplacé ses États membres dans plusieurs institutions internationales, que ce soit au sein de l’Organisation mondiale du commerce ou dans le consortium qui gère la Station spatiale internationale.

Les atouts pour donner le siège au Conseil de Sécurité à l’Union européenne

L’Union européenne est une puissance économique incontestable, 2e puissance économique en termes de PIB, une devise forte l’euro qui devient une monnaie de réserve. L’Europe prend la forme d’un ensemble étatique plus unifié, elle sera sûrement représentée par un président et ministre des affaires étrangères un jour. De plus, les citoyens de tous les États membres ont la citoyenneté européenne. La défense européenne prend également forme, après la création de l’Eurocorps et de l’Euromafor, l’UE a pris le relais de l’OTAN en Bosnie et s’est décidé à créer une Agence de défense européenne.

Pour donner plus d’effectivité à sa représentation extérieure, et peut-être à la naissance d’une diplomatie européenne, il faut à l’Europe un siège permanent et un droit de veto au conseil de sécurité de l’ONU, ne pas le faire serait préjudiciable pour son avenir et sa crédibilité politique face aux États-continents naissant comme la Chine, l’Inde ou le Brésil.

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Illustration : logo officiel des Nations-Unies.

Site à visiter : l’ONU.

Vos commentaires

  • 16 septembre 2007  12:21, par Dominique

    Le jour où l’UE aura des institutions fortes, et un véritable ministre des affaires étrangères, le siège à l’ONU lui reviendra de plein droit. L’héritage historique de la guerre mondiale a beaucoup perdu de sa légitimité.

    Dans la situation actuelle, où l’expression d’un consensus européen vis-à-vis des affaires extérieures est institutionnellement difficile, et pratiquement torpillée par la brutalité et l’arrogance de l’axe Washington-Londres-Varsovie, cela revienrait à attribuer un second droit de veto aux Etats-Unis, rien de plus. Et donc à dégoûter encore plus les citoyens d’une Europe colonisée.

  • 16 septembre 2007 13:03, par Fabien Cazenave

    Autant je peux comprendre vos appréhensions sur la faiblesse actuelle de l’UE, autant, je ne comprends pas votre passage sur l’Europe colonisée…
    Surtout qu’aujourd’hui, nos désaccords à l’OMC par exemple montrent notre indépendance de nos partenaires américains.

  • 10 février 2008  23:22, par sand

    Ce siège acquis par la France, on doit le garder. La France a encore sa souveraineté pour s’exprimer
    L’Europe n’est pas encore un Etat fédéral même si elle en prend le chemin….Même s’il date de l’héritage après la 2ème guerre mondiale. Cela a été une force pour elle n’en faisons pas une faiblesse !!

  • 11 février 2008 09:02, par Fabien Cazenave

    Ne considérez-vous pas que la France sans les autres pays européens ne pèse rien dans le monde actuel par rapport à la Russie, les USA, la Chine, l’Inde, bientôt le Brésil ?

    C’est uni que l’Europe peut peser : si nous étions une Europe fédérale, nous serions la première force économique mondiale…

  • 11 février 2008  20:52, par sand

    D’un côté je suis d’accord avec vous, pour qu’une Europe soit forte autant qu’elle soit unie. Mais moi je pense d’abord en tant que française et pas en tant qu’européenne. Pour moi je ne veux pas d’un modèle anglo-saxon que prôna le traité constitutionnel. Je veux que mon pays continue à jouer un rôle fort en gardant sa souveraineté et non qu’il ne devienne qu’un simple État comme on le voit aux USA. On a voté non d’ailleurs pour ce dernier et on voudrait maintenant nous l’imposer à nous la volonté générale en passant par la voie parlementaire.
    Il est vrai aussi que depuis qu’on a l’euro, c’est une valeur sûre. Mais quand la France vend des Airbus, elle fait payer en dollars plutôt qu’en euros. Je suis d’accord sur une union de l’Europe au plan économique mais pas au plan politique.

  • 11 février 2008 22:18, par Fabien Cazenave

    Mais ceux qui ont gagné avec le non français, ce sont justement ceux qui avaient une vision britannique de l’Europe : un espace qui se limite à une zone de libre-échange…

    A la limite, je préfère votre argumentation : vous êtes nationaliste clairement.

  • 14 septembre 2009  23:14, par Pops

    Et pourtant, quel geste ! Au pays de Cyrano, ne peut on plus rever ? doit on seulement raisonner en terme de forces et de faiblesses ?

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